Le pape, ici lors d'une visite au Parlement européen, s'est dit "choqué" par l'attentat perpétré contre l'hospice des Sœurs de la Charité. (Photo: Flickr/Martin Schulz/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>9)
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Le pape, ici lors d'une visite au Parlement européen, s'est dit "choqué" par l'attentat perpétré contre l'hospice des Sœurs de la Charité. (Photo: Flickr/Martin Schulz/CC BY-NC-ND 2.09)

Recherche d'héritiers


Bernard Litzler

François a frappé fort. Sa plaidoirie du 6 mai 2016 restera certainement comme un des hauts faits de son pontificat. Un discours au Vatican, lors de la remise du Prix Charlemagne, qui a secoué le cocotier européen. Devant un parterre de dirigeants de l’Union, parmi lesquels Jean-Claude Juncker, Angela Merkel et Matteo Renzi, le pape n’a pas mâché ses mots.

Certes, en novembre 2014, François avait déjà interpellé le Parlement européen à Strasbourg. Il a réinsisté: «Que t’est-il arrivé, Europe humaniste? Que t’est-il arrivé, Europe terre de poètes, de philosophes, d’artistes, de musiciens?». Certes l’Union européenne est en crise. Avec peu de solutions. Entre le Grexit et le Brexit, la crise migratoire et le chômage abyssal des jeunes, l’UE est en panne d’inspiration, de projets, d’intégration. D’où les invitations pressantes de François: intégrer, dialoguer, générer.

L’Europe n’est pas uniquement un «vieux» continent. «Les projets des Pères fondateurs [entendez De Gaspari, Adenauer et Schuman, chrétiens convaincus], hérauts de la paix et prophètes de l’avenir, ne sont pas dépassés», a martelé le pape.

Et sa déclaration est devenue rêve, à la manière d’un Martin Luther King: «Je rêve d’un nouvel humanisme européen, d’un chemin constant d’humanisation… Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère: une mère qui ait de la vie, parce qu’elle respecte la vie et offre l’espérance de vie. Je rêve d’une Europe qui prend soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en quête d’accueil parce qu’il n’a plus rien et demande un refuge». Son rêve englobe aussi les personnes malades et âgées, les migrants, les jeunes, les familles.

Ce souffle européen défaillant, le pape en rappelle les débuts. L’Europe est née sur les décombres de la Seconde Guerre mondiale, qui a hanté les Pères fondateurs. Ces derniers se reconnaîtraient-ils dans les structures actuelles? Non, l’Europe ne peut se résoudre à n’être qu’un marché, avec comme seul carburant la consommation. Si le continent est uni, il le doit à d’autres «rêveurs», pénétrés de leurs racines chrétiennes. Les Pères ont semé. Ils recherchent des héritiers. C’est là le sens du discours du 6 mai.

 

 

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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