Pour les catholiques pratiquants, parler des abus sexuels est une nécessité | © Pixabay
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Pour les catholiques pratiquants, parler des abus sexuels est une nécessité | © Pixabay

Des abus dans une Eglise trop top-down


Prendre position sur la délicate question des abus dans l’Eglise catholique n’est pas facile. Aujourd’hui je me sens l’obligation morale de réagir.

Depuis longtemps j’observe les divers mécanismes d’autorité au sein de l’Eglise catholique, notamment en Suisse. J’ai souvent eu l’impression que l’autorité fonctionnait trop unilatéralement, trop top-down. Et cela peut se comprendre, car la hiérarchie de l’Eglise est top-down: du Seigneur Jésus-Christ à nous, les petits de ce monde.

Mais cette vision théologique est partiellement fausse. Le Christ nous invite à lire les signes des temps, les signes d’éternité. Toute réflexion top-down risque de blesser le petit, le laissé pour compte. Et là le Christ nous invite à l’introspection. C’est cela que l’interview publiée le 16 juillet 2019 sur cath.ch, et dans divers quotidiens, vise.

“Nous avons besoin d’une autorité de service”

Très modestement, je voudrais contribuer à la nécessaire réflexion sur l’usage de l’autorité au sein de notre Eglise. Nous avons besoin d’autorité, certes. Mais d’une autorité de service. J’ai rencontré des victimes d’abus sexuel, j’ai vu pleurer des enfants et des adultes abusés.

J’ai aussi rencontré des laïcs et des prêtres qui se disent maltraités par leur autorité diocésaine. J’ai reçu des appels de prêtres voulant mettre fin à leurs jours parce que leurs évêques les avaient condamnés sans même les avoir écoutés et entendus…

“Lorsqu’un prêtre me téléphone pour me dire qu’il va se jeter d’un pont, je ne peux plus me taire.”

Dois-je rester dans le silence de la complicité? Dois-je me lever pour oser le risque de la parole? Je me suis longtemps posé ces questions, sans y répondre.

Mais lorsqu’un prêtre me téléphone, un soir, pour me dire qu’il va se jeter du pont non loin de sa cure, je ne peux plus me taire. Dans cette interview il y a des pistes de réflexions, rien de plus.

Osons le risque de laisser souffler l’Esprit Saint. Faisons confiance au Christ qui porte notre Eglise. N’ayons pas peur! Mais ayons toujours à l’esprit que toute proposition doit avoir le souci de la communion au sein de notre Eglise. Un esprit synodal doit nous aider. Prions pour cela !

Abbé Nicolas Betticher | 18 juillet 2019

Nicolas Betticher

Prêtre en paroisse, Nicolas Betticher est aussi vicaire judiciaire à l'Officialité interdiocésaine suisse. Docteur en théologie et en Droit canonique, il a été vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

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