Deux concerts pour le Vendredi saint


Comme je l’ai déjà écrit dans mon précédent article, le temps de la Passion est l’occasion rêvée d’entendre de très belles oeuvres en concert. J’ai pu moi-même en faire l’expérience en ce Vendredi saint avec deux prestations magnifiques. En effet, la région fribourgeoise proposait une offre musicale extrêmement riche, et le mélomane n’avait que l’embarras du choix.

Les Concerts de la semaine sainte de Fribourg – Passion selon saint Jean de G. F. Haendel

Sous la direction d’Yves Corboz, les Concerts de la Semaine sainte de Fribourg proposent chaque année à l’église St-Michel une oeuvre sur le thème de la Passion. L’intérêt est d’autant plus grand qu’il s’agit de compositions en général peu connues. Cette année, le choix s’est porté sur la Passion selon saint Jean de Georg Friedrich Haendel, que ce dernier aurait composée à l’âge de 19 ans, lorsqu’il vivait toujours dans son Allemagne natale. “Aurait composée”, car ce fait est aujourd’hui remis en cause. Raphaëlle Legrand, dans le Guide de la musique sacrée, affirme en effet que cette passion a été “attribuée récemment à Boehm et Matheson”. Toujours est-il que, indépendamment du compositeur à qui l’on doit cette oeuvre, la musique en est magnifique. Adoptant une structure assez semblable aux Passions de Bach, elle est un peu plus brève que ces dernières. Le texte des méditations est dû à Christian Postel et Barthold Heinrich Brockes.

L’interprétation offerte par les chanteurs et musiciens de la Capella Concertata était réellement magnifique. Le choeur, formé de professionnels, étudiants en Haute école de musique et amateurs chevronnés, maîtrisait parfaitement l’oeuvre. Les soli étaient répartis entre différents chanteurs de l’ensemble, permettant à plus d’un tiers d’entre eux de se produire en tant que solistes. Ces derniers s’en sont, dans l’ensemble, très bien sortis. On relèvera la prestation de l’évangéliste, rôle principal tenu par le ténor Tino Brütsch, dont la diction et le timbre ont été fort appréciés. Ce fut donc un moment magnifique que le public nombreux de ce matin du Vendredi saint a pu partager.

Au Pied de la Croix

Temps musical autant émouvant en soirée à l’église St-Pierre-aux-Liens de Bulle, avec deux choeurs paroissiaux qui se sont surpassés. La Cécilienne Mixte d’Ecuvillens-Posieux, dirigée par Jean-Luc Waeber et la Chanson du Moulin de Neyruz dirigée par Philipe Savoy ont préparé avec acharnement deux grandes oeuvres sacrées: les Sept Paroles du Christ en Croix de César Franck (1822-1890) et la Stabat Mater de Louis-Théodore Gouvy (1819-1898), le tout avec le concours de l’Orchestre de chambre fribourgeois et de quatre magnifiques solistes: la soprano Monique Volery, l’alto Véronique Rossier, le ténor Jonathan Spicher et la basse Michel Brodard. Avec la musique de Franck, le concert a commencé sous les meilleurs auspices. Le grand organiste, pianiste et compositeur français d’origine belge est l’un des grands maîtres du XIXe siècle. Ses Sept Paroles sont d’une grande beauté, tout en finesse et en contrastes. On a souvent reproché à Franck d’orchestrer comme un organiste. Et pourtant – serait-ce un point de vue d’organiste? – je trouve la partie d’orchestre splendide. Le prologue de l’oeuvre (O vos omnes), chanté par le soprano solo, est émouvant. Une mention également pour la cinquième parole, qui contraste entre le calme et le déchirement du “Sitio” (“J’ai soif”) et des parties chorales extrêmement vives. Le Stabat Mater de Gouvy, une véritable découverte pour moi, est également une oeuvre splendide, qui mériterait d’être plus connue.

Je tiens à saluer ici le travail des deux chefs et de leurs chanteurs. Pour des choeurs de villages, monter des oeuvres aussi difficiles est un pari audacieux. Le résultat leur a donné raison.  Si, parfois, une note aigüe moins assurée ou une petite imprécision nous rappelaient que nous étions bien face à des amateurs, le niveau général restait très élevé. Merci donc à eux d’avoir procuré de tels moments de bonheur aux auditeurs amassés dans une église qui, pour l’occasion, semblait presque trop petite…

Deux concerts pour le Vendredi saint

Comme je l'ai déjà écrit dans mon précédent article, le temps de la Passion est l'occasion rêvée d'entendre de très belles oeuvres en concert. J'ai pu moi-même en faire l'expérience en ce Vendredi saint avec deux prestations magnifiques. En effet, la région fribourgeoise proposait une offre musicale extrêmement riche, et le mélomane n'avait que l'embarras du choix.

Les Concerts de la semaine sainte de Fribourg - Passion selon saint Jean de G. F. Haendel

Sous la direction d'Yves Corboz, les Concerts de la Semaine sainte de Fribourg proposent chaque année à l'église St-Michel une oeuvre sur le thème de la Passion. L'intérêt est d'autant plus grand qu'il s'agit de compositions en général peu connues. Cette année, le choix s'est porté sur la Passion selon saint Jean de Georg Friedrich Haendel, que ce dernier aurait composée à l'âge de 19 ans, lorsqu'il vivait toujours dans son Allemagne natale. "Aurait composée", car ce fait est aujourd'hui remis en cause. Raphaëlle Legrand, dans le Guide de la musique sacrée, affirme en effet que cette passion a été "attribuée récemment à Boehm et Matheson". Toujours est-il que, indépendamment du compositeur à qui l'on doit cette oeuvre, la musique en est magnifique. Adoptant une structure assez semblable aux Passions de Bach, elle est un peu plus brève que ces dernières. Le texte des méditations est dû à Christian Postel et Barthold Heinrich Brockes.

L'interprétation offerte par les chanteurs et musiciens de la Capella Concertata était réellement magnifique. Le choeur, formé de professionnels, étudiants en Haute école de musique et amateurs chevronnés, maîtrisait parfaitement l'oeuvre. Les soli étaient répartis entre différents chanteurs de l'ensemble, permettant à plus d'un tiers d'entre eux de se produire en tant que solistes. Ces derniers s'en sont, dans l'ensemble, très bien sortis. On relèvera la prestation de l'évangéliste, rôle principal tenu par le ténor Tino Brütsch, dont la diction et le timbre ont été fort appréciés. Ce fut donc un moment magnifique que le public nombreux de ce matin du Vendredi saint a pu partager.

Au Pied de la Croix

Temps musical autant émouvant en soirée à l'église St-Pierre-aux-Liens de Bulle, avec deux choeurs paroissiaux qui se sont surpassés. La Cécilienne Mixte d'Ecuvillens-Posieux, dirigée par Jean-Luc Waeber et la Chanson du Moulin de Neyruz dirigée par Philipe Savoy ont préparé avec acharnement deux grandes oeuvres sacrées: les Sept Paroles du Christ en Croix de César Franck (1822-1890) et la Stabat Mater de Louis-Théodore Gouvy (1819-1898), le tout avec le concours de l'Orchestre de chambre fribourgeois et de quatre magnifiques solistes: la soprano Monique Volery, l'alto Véronique Rossier, le ténor Jonathan Spicher et la basse Michel Brodard. Avec la musique de Franck, le concert a commencé sous les meilleurs auspices. Le grand organiste, pianiste et compositeur français d'origine belge est l'un des grands maîtres du XIXe siècle. Ses Sept Paroles sont d'une grande beauté, tout en finesse et en contrastes. On a souvent reproché à Franck d'orchestrer comme un organiste. Et pourtant - serait-ce un point de vue d'organiste? - je trouve la partie d'orchestre splendide. Le prologue de l'oeuvre (O vos omnes), chanté par le soprano solo, est émouvant. Une mention également pour la cinquième parole, qui contraste entre le calme et le déchirement du "Sitio" ("J'ai soif") et des parties chorales extrêmement vives. Le Stabat Mater de Gouvy, une véritable découverte pour moi, est également une oeuvre splendide, qui mériterait d'être plus connue.

Je tiens à saluer ici le travail des deux chefs et de leurs chanteurs. Pour des choeurs de villages, monter des oeuvres aussi difficiles est un pari audacieux. Le résultat leur a donné raison.  Si, parfois, une note aigüe moins assurée ou une petite imprécision nous rappelaient que nous étions bien face à des amateurs, le niveau général restait très élevé. Merci donc à eux d'avoir procuré de tels moments de bonheur aux auditeurs amassés dans une église qui, pour l'occasion, semblait presque trop petite...

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