Bernard Litzler

Donald Trump: le meilleur ou le pire?

Donald Trump, imprévu… et imprévisible. L’homme investi comme 45e président des Etats-Unis d’Amérique reste une énigme. Il suscite, à raison, des craintes à l’issue d’une campagne électorale polémique qui a atteint des sommets de médiocrité.

Comment ce milliardaire égocentrique et vulgaire, roi de l’immobilier et des talks shows télévisés, a-t-il pu gravir les marches menant à la Maison Blanche? L’ascension de cet homme en dit long sur le désir de changement de certaines couches sociales de son pays. Elle dit également combien les crises qui ont déchiré le tissu industriel et renforcé les inégalités ont mis sur orbite une personnalité que même le Parti républicain a soutenue du bout des lèvres.

Le voilà au sommet… «Quelle horreur!», disent ses opposants, «Enfin!», rétorquent ceux qui le parent des vertus du sauveur: sauveur des emplois, de la fierté nationale, de la grandeur de l’Amérique. M. Trump ne laisse pas indifférent. Et les quatre années de son mandat vont être scrutées avec attention par les uns et les autres, forts de nos grilles de lecture préétablies. Les «Je vous l’avais bien dit!», pessimistes comme optimistes, vont être nombreux, à son encontre, jusqu’en 2020.

«Dans ce pays, tout est possible, le meilleur comme le pire»

Mais en ce 20 janvier où le président est investi, investissons nous aussi dans une vision réaliste. Donald Trump est davantage le produit d’une société éclatée que son déclencheur. Il a bâti son succès sur les divisions sociales et les tensions intérieures. On ne peut que souhaiter aux Etats-Unis une baisse du chômage, la réduction des inégalités et une croissance dynamique.

Car dans ce pays, tout est possible, le meilleur comme le pire. Souhaitons donc au nouvel élu le meilleur. Car même si la patrie de l’Oncle Sam n’est plus le phare du monde – il a été supplanté par la Chine – il reste un acteur majeur de la planète. Et nous en subissons tous les conséquences. Brexit, liens avec l’Union européenne, relations avec la Russie, maintien dans l’Alliance atlantique, politique à l’égard d’Israël, guerre en Syrie: la liste des points chauds est longue. Espérons que le successeur de Barack Obama fera bon usage de son pouvoir. Prier pour lui va nous demander un effort, c’est certain. Mais il est possible. Pour que le meilleur advienne et que le pire ne survienne.

Bernard Litzler | 20.01.2017

«Donald Trump est davantage le produit d’une société éclatée que son déclencheur»
20 janvier 2017 | 11:08
par Bernard Litzler
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