Jean-Michel Poffet

Evangile de dimanche: Attention au rapt de brebis…

Ce dimanche est le dimanche du Bon Pasteur, et c’est traditionnellement le dimanche de prière pour les vocations. Je ne voudrais choquer personne, mais pourquoi ne prierait-on aussi et peut-être d’abord pour la conversion des pasteurs?

Eh oui, comme il y des détournements d’avion, il peut y avoir des détournements de brebis. Pas besoin d’insister lourdement sur les abus de pouvoir de la part de bergers indignes qui ont conduit leurs brebis à l’abîme. Jésus est sévère dans ses propos et cet exclusivisme est choquant pour beaucoup de nos contemporains. Celui qui ne passe pas par la porte et escalade pour parvenir aux brebis est un voleur.

Jésus ici ne se positionne pas par rapport à d’autres traditions religieuses. Le débat est interne au judaïsme, et aujourd’hui au christianisme par conséquent. Il y a ceux qui empruntent la porte, ouvertement et sont reconnus par le troupeau, chaque brebis connaissant la voix de son berger, et puis il y a les autres qui recourent à des méthodes douteuses, séduisent et finissent par non seulement égarer mais par pervertir les brebis dont ils se seront emparés et par les conduire à la mort. Il y a donc des rapts de brebis.

«Ce qui fonde cette prétention inouïe de la part du Christ, c’est l’offrande de sa vie pour ses brebis.»

Jésus ose se présenter comme LE berger, le BON berger, laissant entendre qu’il y en a d’autres qui égarent le troupeau et s’enfuient dès que paraît le loup.  Et Jésus de profiler encore son discours: «Moi je suis la porte des brebis» et il ose cette prétention inouïe: «ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits». Il ne s’agit pas bien sûr d’Abraham ou de Moïse, mais de ceux qui égarent le troupeau.

En se présentant comme la porte des brebis, il souligne qu’il est le garant de leur liberté: elles peuvent entrer et sortir! Il ne confisque pas leur libre arbitre. Or chacun sait qu’en milieu sectaire tout est fait pour qu’on y entre, mais c’est plus difficile d’en sortir…

Ce qui fonde cette prétention inouïe de la part du Christ, c’est l’offrande de sa vie pour ses brebis, alors que d’autres profitent du troupeau tout en les conduisant à la mort. La finale est décisive: moi je suis venu pour que les brebis aient la vie en abondance. Un évangile magnifique, l’évangile du Bon Pasteur. Jésus invitait les Pharisiens à un examen de conscience, mais précise S. Jean, «ils ne comprirent pas de quoi il leur parlait». Un classique du genre…

Jean-Michel Poffet | Vendredi 1er mai 2020


Jn 10, 1-10

En ce temps-là, Jésus déclara :
    « Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
    Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
    Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
    Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
    Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

    Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
    Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
    Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »

«Amen, amen, je vous le dis: Moi, je suis la porte des brebis.»| © Flickr/Lawrence OP/CC BY-NC-ND 2.0
1 mai 2020 | 17:00
par Jean-Michel Poffet
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