Le rêve de Joseph. (Egbert-Kodex, Reichnau/Trier - Stadtbibliothek Trier)
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Le rêve de Joseph. (Egbert-Kodex, Reichnau/Trier - Stadtbibliothek Trier)

Evangile de dimanche: l'annonce à Joseph


L’annonce à Marie (Lc 1,26-38) nous est plus familière que celle à Joseph que nous lisons en cette nouvelle année liturgique, dite année Matthieu.

Ce dernier ouvre son évangile par la généalogie ou genèse de Jésus Christ (1,1-17), répondant en quelque sorte à la question: qui est Jésus? Il est fils de David par Joseph.

Le texte de ce dimanche va répondre à une seconde question: d’où vient-il?

Une étrange situation (18-19)

En 1,16 Mt apprend au lecteur que Joseph est “le fiancé-époux” de Marie et que c’est de cette dernière que fut engendré Jésus, alors que, dans toute la généalogie qui précède, ce sont les hommes qui engendrent…

Le v. 18 nous confirme que Marie, accordée en mariage à Joseph, est enceinte avant d’avoir habité avec son “fiancé-époux”, et que cela relève de l’action de l’Esprit Saint.

Joseph, qualifié d’un seul terme “juste“, c’est-à-dire accueillant le plan de Dieu et y collaborant, opte pour un renvoi discret, probable indice de son amour, plutôt que pour la dénonciation publique.

Intervention et message de l’ange (20-21)

Seul Dieu (par la médiation d’un envoyé céleste apparu en songe) peut donner accès à la profondeur de ce qui se joue dans cette grossesse. Joseph, surpris, est invité à accueillir sa fiancée enceinte car sa grossesse ne provient pas d’une infidélité, mais bien de Dieu lui-même, par son Esprit.

Cet enfant, que Joseph nommera Jésus (littéralement “Dieu sauve”) aura précisément pour mission de sauver son peuple de ses péchés, c’est-à-dire de ce qui fait obstacle à la vie d’alliance.

Citation d’Ancien Testament (22-23)

C’est maintenant le narrateur, S. Matthieu (qui cite une septantaine de fois l’Ancien Testament), qui intervient, commentant l’événement à la lumière d’un texte du prophète Isaïe (7,14 selon la traduction grecque de l’A.T. qui a remplacé le terme de “jeune fille” par celui de vierge). Cet oracle visait le roi Achaz et son épouse et n’était pas considéré comme un oracle messianique, mais Mt y lit comme une “ébauche” de ce qui se réalise pleinement en Jésus. C’est à ce dernier que convient parfaitement le nom d’Emmanuel, c’est-à-dire “Dieu avec nous“. La dernière parole de Jésus ressuscité à ses disciples confirmera ce “être-avec” alors même qu’il ne sera plus visiblement présent, mais bien Seigneur exalté: “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (28,20).

Une belle obéissance (24-25)

Joseph mérite la qualification de “juste”: il fait pleinement confiance à Dieu, accueillant et l’absolue nouveauté de l’étonnant message reçu et le mystère qui entoure Marie et l’enfant à naître.

Il donne à Jésus d’être de la descendance de David, d’appartenir à une famille … normale (il est son père légal et lui donne le nom révélé par l’ange) où l’on s’aime. Joseph devient le complice du dessein du Père.

Une page théologique importante

 Cette page nous confirme que l’enfant à naître est réellement homme, conçu dans le sein de Marie.

Il est le Messie, descendant de David (par Joseph).

Il vient pour libérer les hommes de la plus tragique entrave qui soit: le péché.

Il est la présence de Dieu parmi les hommes, et plus que cela: il est Dieu, engendré par un amour divin, à savoir le Souffle même de Dieu: l’Esprit.

Avec Joseph

 Nous voici invités à nous ouvrir humblement, durant cette dernière semaine de l’Avent, à cette Venue, entourée de mystère, pour reconnaître en Jésus rien moins que la présence de Dieu-avec-nous.

Marie-Christine Varone |16.12.2016


Mt 1,18-24

Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement: il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse: l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire: “Le-Seigneur-sauve”), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.»
Tout cela arriva pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète: Voici que la Vierge concevra et elle mettra au monde un fils, auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit: «Dieu-avec-nous».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit, et prit chez lui son épouse.

 

 

 

 

 

 

 

Marie-Christine Varone

Marie-Christine Varone est née à Sion en 1946. Ses années de collège correspondent avec celles du Concile Vatican II et la découverte des grandes Constitutions, d'où, une envie de faire de la théologie, par intérêt personnel, mais, plus encore, pour aider les laïcs à acquérir une meilleure intelligence de la foi chrétienne.
Etudiante en théologie à Fribourg, c'est rapidement l'Ecriture sainte qui devient son centre d'intérêt premier et qui sera à la base de la formation d'adultes à laquelle elle se consacrera.
Elle mène de front l'enseignement biblique (dans le milieu très international de l'Ecole de la Foi fondée par J. Loew, à la faculté de théologie de Fribourg et à l'IFM, l'Institut de formation aux ministères) et la formation biblique d'adultes en Suisse romande (cours du soir, sessions, cours par correspondance, formation d'animateurs bibliques, etc.), en particulier comme co-fondatrice et animatrice responsable de l'Association Biblique Catholique (ABC).
Avec la rubrique "l'évangile de dimanche", M.-C. Varone souhaiterait amener les lecteurs à lire eux-mêmes (seul ou à plusieurs) l'évangie du dimanche, pour lui "donner réellement ses chances" autant par une écoute respectueuse du texte, que par un accueil existentiel.

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