"Comme la nuée de la Transfiguration, la foi est ombre et lumière." (Photo: Flickr/Ted/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-SA 2.0</a>)
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"Comme la nuée de la Transfiguration, la foi est ombre et lumière." (Photo: Flickr/Ted/CC BY-SA 2.0)

Evangile de dimanche: dans l’ombre de la nuée lumineuse


Sur la haute montagne où nous conduit l’évangile de ce dimanche, deux versants contrastés. Lumière éclatante puis ombre de la nuée. Sentiment qu’”il est bon d’être ici”, suivi d’une “grande crainte”.

Sans réduire le récit de la Transfiguration à cette lecture, ne peut-on y reconnaître ce qu’expérimente tout chercheur de Dieu? Phases de plénitude, dans lesquelles il serait bon de dresser sa tente, et périodes de dépouillement. Traversées lumineuses et cheminements obscurs. Quiconque se met en quête de Dieu connaît ces alternances.

Il n’est pas dit que l’expérience de Dieu soit plus authentique ou plus profonde lorsque le croyant se sent comblé et qu’il éprouve qu’il est bon d’être ici. C’est dans l’ombre de la nuée lumineuse que les disciples entendent la voix du Père: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie: écoutez-le!” L’image paradoxale d’une nuée lumineuse qui prend sous son ombre dit la proximité de Dieu dans l’obscurité.

Comme la nuée de la Transfiguration, la foi est ombre et lumière.

Jean de la Croix, mieux que tout autre, a su dire la nécessité du désert et de la nuit pour expérimenter en vérité quelque chose de Dieu: Parce que “Dieu est infini, il est ténèbres pour notre entendement, la foi aussi est ténèbres et obscurité pour notre entendement. La foi est le seul moyen par lequel Dieu se manifeste à l’âme dans cette divine lumière qui dépasse toute entendement” (La montée du carmel, livre II chapitre VIII).

Comme la nuée de la Transfiguration, la foi est ombre et lumière. Ombre, parce que ce Dieu goûté dans la foi échappe à la perception des sens et déborde aussi l’expérience qu’en ont raison et affectivité. Et pourtant lumière, car mystérieusement Dieu est expérimenté dans cet au-delà de nos perceptions familières.

Expérience qui établit le croyant dans un “calme profond” (Jean de la Croix). Qui nous y conduira ? Ni lumière éclatante, techniques sophistiquées ou phénomènes extraordinaires. La voix du Père indique le chemin. C’est l’écoute de sa Parole, son Fils, qui ouvre l’accès à cet espace intérieur, le lieu du cœur. Cœur et Parole du Seigneur sont faits l’un pour l’autre. Une affinité règne entre eux. La Parole frappe à la porte de notre cœur endormi. Qui lui offre son écoute est conduit à cette obscure et pourtant rassasiante expérience de Dieu dans l’ombre de la nuée lumineuse.

Etre emmené “à l’écart sur une haute montagne”, c’est aussi être guidés vers la profondeur silencieuse du cœur pour y goûter qu’”il est bon d’être ici”.

Jeanne-Marie d’Ambly | 4 août 2017


Matthieu 17, 1-9 

En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

Jeanne-Marie d'Ambly

Jeanne-Marie d’Ambly est née en 1953. Lorsqu’elle commence ses études de sciences à la faculté de Caen, mai 68 n’est pas loin. Les liens tissés avec quelques amis soixante-huitards stimule chez elle le désir de rendre compte de sa foi. Elle le réalise en rejoignant la Maison de Prière de Troussures, fondée par le Père Henri Caffarel, Pendant vingt ans, elle y participe à l’animation de Semaines de Prière.

En 1997, elle rejoint la communauté des Sœurs de Saint Maurice.

Envoyée à Lyon faire une licence de théologie elle goûte la joie d’explorer de nouveaux chemins, en particulier dans la lecture de l’Ecriture. Partager cette joie et arpenter ces chemins avec d’autres lui tient à cœur. Ce désir l’a amenée à rejoindre l’équipe de l’ABC et à participer à la rubrique l’évangile de dimanche.

Sr Jeanne-Marie vit à Lausanne dans une communauté en charge d’un foyer d’étudiantes. Engagée au Centre Romand des Vocations, elle est aussi associée aux activités de PASAJ, la pastorale jeunesse du canton de Vaud, et participe à diverses animations à La Pelouse sur Bex.

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