“Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul“. Jn 12, 24. | Flickr/Random_fotos/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-SA 2.0</a>
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“Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul“. Jn 12, 24. | Flickr/Random_fotos/CC BY-SA 2.0

Evangile de dimanche : venez voir!


Les semaines qui précèdent Pâques, Jésus se donne à voir… dans les kiosques à journaux. Bientôt, entre deux numéros sur les prix de l’immobilier ou le palmarès des hôpitaux, vont fleurir des couvertures de magazines sur les dernières découvertes archéologiques ou les représentations du Christ dans l’art. Et ces numéros se vendent car beaucoup de personnes veulent voir Jésus. Mais que signifie au fond voir Jésus? Peut-on se contenter de le voir “de loin“ sur quelques couvertures de magazines? Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus lui-même nous dit comment le voir.

Aux Grecs qui veulent le voir, Jésus parle d’abord du grain de blé qui tombe et meurt en terre. Voir Jésus c’est donc accepter de baisser les yeux. Souvent, si nous ne voyons pas Jésus, c’est parce que nous ne le cherchons pas assez bas; parce que nous refusons qu’il prenne ce qui fait notre terreau humain, à la fois boueux et fertile. Il nous faut donc apprendre à voir Jésus à l’œuvre dans ce qui nous renvoie à la poussière de la terre.

Voir Jésus c’est paradoxalement accepter d’écouter.

Ensuite, voir Jésus c’est paradoxalement accepter d’écouter. Dans l’Evangile, les Grecs sont venus pour voir Jésus et ils ne voient pas grand-chose, mais ils entendent Jésus qui dialogue avec le Père. Ce que Jésus nous donne à voir de Lui dans notre vie de croyant, c’est d’abord l’œuvre de sa Parole. Voir Jésus c’est se rendre compte que Dieu peut parler avec nos mots d’homme et, en retour, qu’un homme peut s’adresser à Dieu Lui-même et dialoguer avec Lui.

Enfin, face à la demande des Grecs venus car ils veulent voir Jésus, celui-ci finit par leur répondre: “moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes“. C’est d’abord Jésus qui nous attire à Lui. Si nous le cherchons, c’est parce qu’il est d’abord venu nous chercher. En ce sens, voir Jésus c’est réaliser qu’à chaque instant son regard nous attire à Lui.

Le mystère pascal que nous allons célébrer va nous donner de vivre ces différentes manières de voir Jésus. Comme le grain jeté en terre, le Christ se donnera à nous dans le pain partagé. Sur la croix, il nous fera entrer dans ce dialogue qu’il ouvre entre les hommes et Dieu. Près du tombeau vide, il nous attirera à lui en prononçant notre nom, en nous redisant qu’il désire notre présence.

C’est d’abord Jésus qui nous attire à Lui.

C’est vrai que les semaines qui précèdent Pâques sont celles où Jésus se donne à voir. Mais pour le voir nul besoin d’acheter un journal présentant le dernier scoop sur le Christ. Regardons encore une fois Jésus qui se donne dans sa mort et sa résurrection. Encore une fois… même si nous pensons tout en savoir. C’est là – et là seulement – que nous le verrons pleinement. C’est là – et là seulement – qu’une Bonne Nouvelle nous attend.

Jacques-Benoît Rauscher | 16 mars 2018


Jn 12, 20-33

En ce temps-là,
il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem
pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque.
Ils abordèrent Philippe,
qui était de Bethsaïde en Galilée,
et lui firent cette demande :
« Nous voudrions voir Jésus. »
Philippe va le dire à André,
et tous deux vont le dire à Jésus.
Alors Jésus leur déclare :
« L’heure est venue où le Fils de l’homme
doit être glorifié.
Amen, amen, je vous le dis :
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas,
il reste seul ;
mais s’il meurt,
il porte beaucoup de fruit.
Qui aime sa vie
la perd ;
qui s’en détache en ce monde
la gardera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un veut me servir,
qu’il me suive ;
et là où moi je suis,
là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert,
mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée.
Que vais-je dire ?
“Père, sauve-moi
de cette heure” ?
– Mais non ! C’est pour cela
que je suis parvenu à cette heure-ci !
Père, glorifie ton nom ! »
Alors, du ciel vint une voix qui disait :
« Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore. »
En l’entendant, la foule qui se tenait là
disait que c’était un coup de tonnerre.
D’autres disaient :
« C’est un ange qui lui a parlé. »
Mais Jésus leur répondit :
« Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix,
mais pour vous.
Maintenant a lieu le jugement de ce monde ;
maintenant le prince de ce monde
va être jeté dehors ;
et moi, quand j’aurai été élevé de terre,
j’attirerai à moi tous les hommes. »
Il signifiait par là de quel genre de mort il allait mourir.

Jacques-Benoît Rauscher

Fr. Jacques-Benoît Rauscher est dominicain. D'origine française, il vit au couvent Saint-Hyacinthe de Fribourg.

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