Le Pape François signera l’exhortation post-synodale, samedi 19 mars 2016, jour de la St-Joseph, patron des familles (Photo: Flick/catholicism/CC BY-NC-SA 2.0)
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Le Pape François signera l’exhortation post-synodale, samedi 19 mars 2016, jour de la St-Joseph, patron des familles (Photo: Flick/catholicism/CC BY-NC-SA 2.0)

Exhortation post-synodale


Le Pape François signera l’exhortation post-synodale, samedi 19 mars 2016, jour de la St-Joseph, patron des familles. Un premier indice pour un texte très attendu.

Retour sur les faits : lors des deux assemblées du Synode, les évêques et experts se sont mis d’accord sur de nombreux éléments constitutifs de la conception de la famille, tels que l’Eglise les enseigne par sa doctrine et sa tradition. Ces points forts seront certainement rappelés avec force par le Pape. Parmi ces derniers l’on retrouvera vraisemblablement le mystère sacramentel du mariage et de la famille et partant l’indissolubilité et les droits et devoirs qui en découlent.

Certaines questions cependant ont été systématiquement évoquées par les pères synodaux avant, pendant et après le Synode, démontrant ainsi que ces thèmes restent ouverts et nécessitent une décision pontificale, comme par exemple la pastorale des divorcés remariés, à savoir leur statut dans la communion ecclésiale ou leur accès à la communion. Autre question très en phase avec l’évolution des sociétés: la pastorale des personnes homosexuelles.

Peu d’indices ont filtré. Il est délicat d’émettre des hypothèses sur ce que le Pape publiera. Cependant dès le début du chemin synodal, le Pape a choisi la voie de la réflexion commune la plus large possible. Tout un symbole. En choisissant de demander l’avis par les évêques aux baptisés, le Pape prend au sérieux les chrétiens en chemin, en recherche de réponses, de vérité.

Il est urgent de préparer nos intelligences du cœur à accueillir les décisions du Pape dans un esprit filial.

Au-delà de cet aspect synodal, le Pape a aussi systématiquement fait référence à une forme de «décentralisation» du pouvoir décisionnel, demandant par exemple aux évêques de prendre une part active dans les procédures en nullité matrimoniale: certitude morale quant à la valeur d’un mariage, référence à la conscience du couple, de la personne sont des mots-clés évoqués fréquemment. Vont-ils conduire les décisions du Pape? Il est trop tôt pour le dire.

Autre fait marquant: le Pape François nous offre l’année sainte de la miséricorde. La miséricorde du Père nous attire à lui. Sa justice nous faire prendre conscience combien nous avons besoin de lui; parfois cette justice du Père suscite en nous la crainte d’être abandonné. Mais à chaque fois la miséricorde de Dieu répond à cette crainte et nous fait ressentir cet amour immense du Père pour tous les hommes et les femmes.

Aussi, dans cet esprit, il est urgent de préparer nos intelligences du cœur à accueillir les décisions du Pape dans un esprit filial et surtout dans la conviction que la communion entre tous restent le plus grand des dons que l’Eglise nous fait et que nous devons préserver, restant sauf bien sûr le respect de la conviction de l’autre et de sa liberté individuelle.

Se souvenir de cette nécessaire communion et offrir notre confiance au Pape François constituent les conditions essentielles à une juste réception du document post-synodal.

Abbé Nicolas Betticher | 18.03.2016

Nicolas Betticher

Prêtre en paroisse, Nicolas Betticher est aussi vicaire judiciaire à l'Officialité interdiocésaine suisse. Docteur en théologie et en Droit canonique, il a été vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg.

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