Marie-Christine Varone

L'Evangile de dimanche: Rencontre révélante

Lc 1, 39-45

En route vers (39-40a)

Avertie par l’ange Gabriel qu’Elisabeth avait conçu un fils dans sa vieillesse (1,36), Marie se met rapidement en route vers sa parente, épouse de Zacharie, qui réside en Judée.

Une salutation au double effet (40b-41a)

La salutation à Elisabeth suscite le bondissementtressaillement de l’enfant dans le ventre de sa mère et l’envahissement de son être (remplie) par l’Esprit saint (comme le fut Marie elle-même lors de l’Annonciation: 1,35).

Voici donc deux femmes en présence, toutes deux enceintes, totalement placées sous l’animation de l’Esprit. Ce dernier donne à Elisabeth d’être prophétesse, c’est-à-dire l’interprète éclairée de ce qui se vit en cette rencontre.

Une déclaration lumineuse (42-45)

Bénédictions (42)

D’un grand cri Elisabeth déclare que la bénédiction de Dieu s’est doublement manifestée: en Marie (bénie toi) et en l’enfant (béni le fruit) qu’elle porte en elle.

La bénédiction dont Dieu a gratifié Marie surpasse toute bénédiction: elle est la plus bénie entre toutes les femmes et cette bénédiction repose aussi sur le fruit de son ventre/sein.

Elisabeth s’émerveille donc devant ce que Dieu a fait en Marie et devant sa maternité; elle proclame qu’il y a eu dans la mère et l’enfant comme une révélation de Dieu et de son dessein de vie.

Et lorsque nous prions le «je vous salue Marie» nous reprenons les paroles d’Elisabeth, après celles de Gabriel à Marie (1,28).

Etonnement (43)

Devant cette oeuvre de Dieu, devant la vocation privilégiée de Marie, Elisabeth s’étonne de la venue à elle de celle qu’elle nomme la mère de mon Seigneur et qu’elle reconnaît donc comme la mère du Messie attendu. 

Expression de l’expérience (44)

Revenant sur ce que la salutation entendue a provoqué en elle, à savoir le joyeux tressaillement de l’enfant, Elisabeth y lit un événement étonnant. Il ne s’agit pas du simple mouvement d’un bébé, tel que toute femme enceinte en rapporte, mais bien de la manifestation de la joie de Jean (a bondi d’allégresse) mis en présence de Celui dont il sera le précurseur. Celui qu’il précédera et baptisera est d’abord venu à lui. Mystérieuse rencontre qui bouleverse nos logiques et révèle la profondeur du discret événement.

Béatitude (45)

Revenant à Marie, Elisabeth prononce la première béatitude (heureuse!) de l’évangile de Luc. Elle s’émerveille devant la foi – confiance (celle qui a cru) de Marie en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur (essentiellement lors de l’Annonciation).

Marie réagit en prononçant le magnificat (46-53) qui célèbre Dieu à l’origine de tout ce qui lui arrive: il a réellement fait des merveilles et s’est penché sur son humble servante. «Saint est son Nom».

Vers Noël

Rien d’anecdotique ou de sentimental dans ce récit, mais bien une profonde et émouvante révélation – célébration de l’oeuvre de Dieu qui se fait par et dans la rencontre de deux femmes et par la vie commençante des deux enfants qu’elles portent en elles.

Quand le Christ vient, il suscite l’allégresse de celui ou de celle qu’il visite.

Invitation donc pour nous à accueillir la visitation – incarnation du Christ aux hommes et à notre coeur de baptisé. Cela suscite la joie, mais demande attention et recueillement, sans quoi nous risquons de passer à côté de la profondeur de l’événement…

Riche de cette visite du Christ qui demeure en nous, nous pourrons alors, à la suite de Marie, le porter discrètement et efficacement aux autres.

Marie-Christine Varone | 18.12.2015


Lc 1, 39-45:
39 En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
40 Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
41 Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
42 et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
43 D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
44 Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
45 Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
La Visitation – Chartres, les vitraux du XIIe siècle.
18 décembre 2015 | 18:09
par Marie-Christine Varone
Partagez!