«Locus istea Deo factus est» - Concert pour l’inauguration de l’église Notre-Dame de Vevey après restauration


Durant le week-end du 7 au 9 octobre, l’église Notre-Dame de Vevey a été inaugurée après de longs travaux de restauration. La fête à cette occasion a été musicale, ce qui ne peut que nous réjouir. La vendredi 7 octobre, l’organiste parisien Pierre Pincemaille a donné un récital sur le magnifique orgue de l’église. Le samedi, ce sont les forces de la paroisse qui se sont groupées pour un concert, avant la messe solennelle du dimanche. J’ai, pour ma part, eu la chance d’assister au concert du samedi 8 octobre, et j’avoue avoir été très agréablement surpris par la qualité du programme. Un chœur créé pour l’occasion a interprété des merveilles du répertoire sacré, sous la direction de Frédéric Jochum, chef du chœur paroissial du lieu, accompagné à l’orgue par le titulaire Nicolas Viatte, avec le concours de la soprano Sylvie Rumo. Pour un chœur ad hoc, formé de chanteurs amateurs, la qualité était au rendez-vous, dans un répertoire pourtant audacieux.
Le programme a été très bien pensé. Au début et à la fin ont pris place des chants d’action de grâce: «Allepsallite cum luya», d’un compositeur anonyme du XIIIe siècle, pour introduire le concert, et le psaume 150 de César Franck pour le conclure. Comme seconde œuvre, le chœur a interprété a capella le magnifique «Locus iste» de Bruckner, très belle façon de situer l’évènement, puisque ce texte est employé lors des consécrations d’églises. (Pour une traduction du texte: http://www.eolides.com/spip.php?article208) Tout le reste du concert revisitait l’année liturgique. Une partie concernait les temps de l’Avent et de Noël, avec le choral pour orgue «Nunkomm, der HeidenHeiland» de Bach, le «Veni, veni Emmanuel» de Kodaly, et des œuvres de Campra, Praetorius et Langlais. Une seconde partie, nous conduisant du Carême à Pâques, nous a permis d’entendre le psaume 22 de Christian Villeneuve, le «VexillaRegis» de Bruckner, le «O qui caeli» de Vivaldi, un «VictimaePaschali laudes» de Jean Revert, un Alléluia de Boyce, et les Variations sur «O filii» deBeauvarlet-Charpentier. La dernière partie explorait la période allant de l’Ascension à la Fête-Dieu, avec des parties en plain-chant, en particulier le Veni Creator, en alternance avec les versets pour orgue de Maurice Duruflé. Le chœur nous a même gratifiés du «Dieu inconnu», composé par l’abbé Paul Frochaux, actuel curé de la paroisse, sans oublier le célèbre «Ave verum» de Mozart. Le tout tenait presque autant de la célébration que du concert. L’orgue improvisait des interludes entre les pièces, donnant un esprit de recueillement que les traditionnels applaudissements ne permettent pas.
Au-delà du concert lui-même, je dirais qu’il est réjouissant qu’une paroisse qui retrouve son église le fasse en laissant une place au patrimoine musical chrétien. Trop souvent, on laisse ce patrimoine de côté, et ce même dans certaines de nos paroisses, lors des célébrations. Ce concert a prouvé que, même avec des chanteurs amateurs, sans recruter de grands ensembles, on peut fort bien laisser place à une musique de qualité.
Damien Savoy

«Locus istea Deo factus est» - Concert pour l’inauguration de l’église Notre-Dame de Vevey après restauration

Durant le week-end du 7 au 9 octobre, l’église Notre-Dame de Vevey a été inaugurée après de longs travaux de restauration. La fête à cette occasion a été musicale, ce qui ne peut que nous réjouir. La vendredi 7 octobre, l’organiste parisien Pierre Pincemaille a donné un récital sur le magnifique orgue de l’église. Le samedi, ce sont les forces de la paroisse qui se sont groupées pour un concert, avant la messe solennelle du dimanche. J’ai, pour ma part, eu la chance d’assister au concert du samedi 8 octobre, et j’avoue avoir été très agréablement surpris par la qualité du programme. Un chœur créé pour l’occasion a interprété des merveilles du répertoire sacré, sous la direction de Frédéric Jochum, chef du chœur paroissial du lieu, accompagné à l’orgue par le titulaire Nicolas Viatte, avec le concours de la soprano Sylvie Rumo. Pour un chœur ad hoc, formé de chanteurs amateurs, la qualité était au rendez-vous, dans un répertoire pourtant audacieux.
Le programme a été très bien pensé. Au début et à la fin ont pris place des chants d’action de grâce: «Allepsallite cum luya», d’un compositeur anonyme du XIIIe siècle, pour introduire le concert, et le psaume 150 de César Franck pour le conclure. Comme seconde œuvre, le chœur a interprété a capella le magnifique «Locus iste» de Bruckner, très belle façon de situer l’évènement, puisque ce texte est employé lors des consécrations d’églises. (Pour une traduction du texte: http://www.eolides.com/spip.php?article208) Tout le reste du concert revisitait l’année liturgique. Une partie concernait les temps de l’Avent et de Noël, avec le choral pour orgue «Nunkomm, der HeidenHeiland» de Bach, le «Veni, veni Emmanuel» de Kodaly, et des œuvres de Campra, Praetorius et Langlais. Une seconde partie, nous conduisant du Carême à Pâques, nous a permis d’entendre le psaume 22 de Christian Villeneuve, le «VexillaRegis» de Bruckner, le «O qui caeli» de Vivaldi, un «VictimaePaschali laudes» de Jean Revert, un Alléluia de Boyce, et les Variations sur «O filii» deBeauvarlet-Charpentier. La dernière partie explorait la période allant de l’Ascension à la Fête-Dieu, avec des parties en plain-chant, en particulier le Veni Creator, en alternance avec les versets pour orgue de Maurice Duruflé. Le chœur nous a même gratifiés du «Dieu inconnu», composé par l’abbé Paul Frochaux, actuel curé de la paroisse, sans oublier le célèbre «Ave verum» de Mozart. Le tout tenait presque autant de la célébration que du concert. L’orgue improvisait des interludes entre les pièces, donnant un esprit de recueillement que les traditionnels applaudissements ne permettent pas.
Au-delà du concert lui-même, je dirais qu’il est réjouissant qu’une paroisse qui retrouve son église le fasse en laissant une place au patrimoine musical chrétien. Trop souvent, on laisse ce patrimoine de côté, et ce même dans certaines de nos paroisses, lors des célébrations. Ce concert a prouvé que, même avec des chanteurs amateurs, sans recruter de grands ensembles, on peut fort bien laisser place à une musique de qualité.
Damien Savoy

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