Le parlement européen à Strasbourg  (Photo: flickr:/k_raw/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-ND 2.0</a>)
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Le parlement européen à Strasbourg (Photo: flickr:/k_raw/CC BY-ND 2.0)

Londres et Verdun


Elles étaient 28. 28 personnalités, penchées, le 19 février à Bruxelles, sur une malade: l’Europe. Malade de son flanc occidental, malade de la crise migratoire, malade des replis nationalistes, de sa politique agricole, de ses institutions. Bref, des maux graves.

Et soudain, en fin de soirée, la délivrance. L’Europe était tirée d’affaire. Les 28 avaient trouvé une solution. Le Britannique David Cameron avait, en fait, imposé son point de vue. Il pouvait repartir, soulagé. La solution? Un traitement «à la carte», à appliquer à la Grande-Bretagne. Mais le malade n’est pas guéri pour autant. D’ici au 23 juin, date du référendum outre-Manche, le traitement du Premier ministre devra produire ses effets. Sinon, ce sera la rupture.

“Qu’il est loin l’esprit des fondateurs!”

Pauvre Europe! Sa construction progressive, de 6 à 9, à 10, à 12, jusqu’aux 28 Etats, est à digérer. Le bel élan d’un continent uni, créatif et dynamique semble bloqué. Et dans la plupart des pays, un spectre apparaît: Bruxelles. La capitale de l’Europe, symbole des maux de l’Union, est vilipendée, critiquée, souvent utilisée pour se décharger de tous les problèmes des Etats-membres. L’Europe actuelle, ce sont des membres écartelés, des Etats désunis, l’Union sans la force.

Qu’il est loin l’esprit des fondateurs! Les Schuman, de Gasperi, Adenauer semblent oubliés. La vision libérale a pris le dessus sur l’esprit des débuts. Les fondements de la construction européenne disparaissent.

Curieusement, ce week-end était, d’une autre façon, celui d’un haut fait européen. Il y a cent ans, commençait l’affreuse bataille de Verdun: 360’000 Français et 300’000 Allemands y ont laissé leur vie. Une hécatombe monstrueuse, incompréhensible aujourd’hui. Et pourtant, c’est sur ces décombres que s’est forgée, durant la Première, puis la Seconde Guerre mondiale, l’idée d’un continent sans guerre. S’en sont suivis, sur le Vieux-Continent, des décennies sans conflit. Et si les dirigeants d’aujourd’hui pouvaient revenir aux fondamentaux? Retoucher aux intuitions initiales. Faire taire leurs ressentiments pour mieux se coordonner. L’Europe est malade, certes, mais elle n’est pas morte. Qu’on s’en souvienne à Londres comme à Verdun!

Bernard Litzler | 22.02.2016

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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