La formule «Ne nous soumets pas à la tentation» est-elle adéquate sur le plan théologique? (Photo: Pierre Pistoletti)
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La formule «Ne nous soumets pas à la tentation» est-elle adéquate sur le plan théologique? (Photo: Pierre Pistoletti)

Notre Père: à Pâques ou à la Trinité?


La décision des évêques suisses de différer la mise en œuvre de la nouvelle version francophone du Notre Père est tout à l’honneur des prélats. L’accord œcuménique ouvert avec les réformés, les méthodistes et les catholiques-chrétiens, desserre la pression sur le «Ne nous laisse pas entrer en tentation» mal perçu hors des rangs catholiques.

Car la tentation de faire cavalier seul existait. La date du 3 décembre 2017, fixée initialement, est donc repoussée à Pâques 2018. Un délai raisonnable de quelques mois pour permettre des discussions.

Bon courage aux négociateurs qui devront convaincre.

«L’essentiel est de prier ensemble»: est titré le communiqué des évêques. Prier ensemble les mêmes mots du Notre Père en français est un dessein louable. Reste que les Eglises complices doivent maintenant persuader leurs «instances décisionnelles» de rallier ce texte. Bon courage aux négociateurs qui devront convaincre. Convaincre que le ralliement ne signifie pas de courber l’échine devant l’Eglise romaine et que la formule «Ne nous soumets pas à la tentation» n’est pas adéquate sur le plan théologique.

Cinquante ans de pratique francophone doivent ainsi être modifiés. D’autres textes bibliques seront aussi concernés, notamment le Magnificat. La difficulté des traductions dans nos langues est que toute traduction comporte sa part de trahison de l’original grec, selon la belle formule italienne «traduttore, tradittore» (interprète, traître).

Nos vœux accompagnent donc la démarche œcuménique mise en œuvre. Sans oublier que le dimanche de Pâques 2018 a lieu… le 1er avril. Et qu’un échec desdites négociations poserait question sur la vitalité de l’œcuménique en terre romande. A Pâques, oui, mais pas à la Trinité, mesdames et messieurs les négociateurs!

Bernard Litzler | 29.06.2017

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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