Père Jacques Hamel, né le 30 novembre 1930 à Darnétal – ordonné prêtre le 30 juin 1958 à Rouen – assassiné le 26 juillet 2016  (Photo:  rouen.catholique.fr)
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Père Jacques Hamel, né le 30 novembre 1930 à Darnétal – ordonné prêtre le 30 juin 1958 à Rouen – assassiné le 26 juillet 2016 (Photo: rouen.catholique.fr)

Père Hamel Pourquoi?


Guy Musy | Toute la France ou presque a pleuré le jour anniversaire de la mort du Père Hamel. Une émotion qui renvoie, quoi qu’on en dise, à l’image étonnamment positive du “prêtre” qui gît dans l’inconscient du Français moyen, fut-il laïcard ou calotin. Homme pauvre, habillé à peu de frais et mal rasé, mais dévoué corps et âme, toujours sur la brèche, ignorant les pourcentages de son emploi et ses droits à la retraite. Personnage de légende où s’entremêlent les traits de l’Abbé Pierre, ceux du curé d’Ars, de Vincent de Paul et de ce curé de campagne dont Bernanos fit un héros. D’autant plus touchant que cet homme est vieux, même très vieux, membre d’une espèce non protégée en voie de disparition, remplacé désormais par des “missionnaires” venus d’Afrique, de Pologne ou du Vietnam. Qu’on en vienne à égorger un homme de cet acabit révulse toute âme bien née. Un crime odieux contre l’humanité.

Le Père Hamel a été mis à mort parce qu’il était serviteur d’une religion honnie par son agresseur.

Ce n’est pourtant pas cette image que l’assassin du Père Hamel a voulu  détruire. Il ne l’a pas tué dans la rue, dans son presbytère ou au chevet d’un malade. Il ignorait même son nom. Mais il l’a assassiné face à l’autel où ce prêtre célébrait la messe. Il l’a donc tué en haine de ce qu’il représentait à ses yeux. Le Père Hamel a été mis à mort parce qu’il était serviteur d’une religion honnie par son agresseur.

On ne peut donc passer sous silence cette circonstance qui aggrave le crime commis. On ne peut non plus assimiler l’islam et les musulmans à ce geste fou. Toutefois, on ne peut s’empêcher de rechercher les mobiles de cet acharnement antichrétien. S’agit-il d’un acte solitaire de démence, d’une dérive isolée ou alors le crime a-t-il été commandité par une idéologie qui a pollué l’esprit de l’assassin? Pour quelle raison le Père Hamel a-t-il donc été égorgé?

Les professionnels chrétiens et musulmans du dialogue interreligieux – ils commencent à devenir légion – ne peuvent une fois de plus s’esquiver avec des formules douteuses et convenues et glisser le cadavre sous le tapis. Ils sont directement interpellés. Ils doivent répondre en vérité s’ils ne veulent pas que se renouvelle pareille atrocité. Je le répète donc : pour quels motifs le Père Hamel a-t-il été sacrifié ? Etablir le diagnostic du mal est le premier pas vers sa guérison.

Guy Musy

Le Frère Guy Musy est né en 1936 à dans le canton de Fribourg. Entré dans l'ordre des Frères Prêcheurs en 1956, il accomplit ses études de théologie en Belgique puis en Suisse. Ordonné prêtre en 1962, il poursuit ses études à la Faculté évangélique de l’Université d’Heidelberg, avant d’être rappelé en Suisse pour prendre en charge l’aumônerie catholique de l’Université de Lausanne.

En 1970, il répond à un appel de ses supérieurs qui l’envoient au Rwanda. Il y demeurera quelques vingt ans durant lesquels ils assumera différents ministères: aumônier à l'Université nationale de Butare, puis en milieu populaire à Kigali, mais aussi responsable de la Caritas de la capitale du Rwanda.

De retour à Genève en 1989, entre autres activités, il enseigne à l’Atelier Œcuménique de Théologie et à l’Ecole de la Foi de Fribourg. Passionné d’écriture – il a déjà publié quatre volumes de ses «mémoires» – il collabore notamment, depuis plus de vingt ans, au périodique romand «L’Echo-Magazine». Enfin, il continue d’assumer depuis plusieurs années la charge de rédacteur responsable de la revue dominicaine «Sources».

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