La question du mariage revient sur le devant de la scène (Photo:Pixabay.com)
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La question du mariage revient sur le devant de la scène (Photo:Pixabay.com)

Quel mariage ?


Le creux de l’été est souvent propice aux initiatives inattendues. Dernier exemple, celle de Claudio Zanetti, un parlementaire zurichois (UDC) inspiré. Il veut demander l’abolition de la règle de préséance du mariage civil sur le mariage religieux. En clair, un couple ne devrait plus passer d’abord devant l’officier d’état-civil avant de rencontrer le pasteur ou le prêtre. Le mariage religieux pourrait passer en premier.

Aussitôt, cette idée a été qualifiée de bonne par Giuseppe Gracia, le porte-parole du diocèse de Coire. Et dans le diocèse de Bâle, Hansruedi Huber, autre porte-parole, semble également séduit par une idée qui questionne les pratiques contemporaines. En effet, le mariage homme-femme, largement majoritaire pourtant, semble perdre de son aura face aux élans des organisations homosexuelles. Et l’exemple français du Mariage pour tous semble déteindre sur la Suisse: des militants plaident pour l’adoption de ce type d’union chez nous.

L’union traditionnelle serait-elle en danger? Point du tout. Mais la provocation de Claudio Zanetti a le mérite de reposer les bases du consensus social. La famille étant le pilier de la société, les évolutions récentes des types d’unions font craindre un abandon du mariage comme institution, minée qu’elle est par le nombre élevé de divorces et par les attaques de tous bords.

Le pape François, en son exhortation apostolique Amoris Laetitia (suite au Synode sur la famille de 2015 et 2016), a vu venir le danger de cette évolution. Il y réaffirme la valeur de l’amour humain, couronné par le mariage sacramentel. L’Etat de droit ne peut que garantir ce type d’approche. Une posture qui domine dans la plupart des pays.

Une autre réponse à l’initiative de M. Zanetti réside dans la “juste autonomie des réalités terrestres”, affirmée par le concile Vatican II. Dans la constitution pastorale Gaudium et Spes de 1965, l’autonomie de l’Etat par rapport à la religion est considérée comme un progrès légitime (§ 36). Ce texte précise que “lorsque la hiérarchie des valeurs est troublée… et que les individus et les groupes ne regardent plus que leurs intérêts propres et non ceux des autres”, la tentation du chacun pour soi guette.

Ce chacun pour soi peut être reproché aux organisations qui veulent promouvoir un autre type de mariage. Mais est-ce une raison pour leur emboîter le pas et demander, pour les chrétiens, de faire passer leur mariage devant Dieu avant le mariage civil? La cohabitation des deux types d’union – civil, puis religieux – est-elle si insupportable qu’il faille la modifier? Certaines luttes politiques ont un relent de combat d’arrière-garde.

 

 

 

Bernard Litzler

Bernard Litzler, directeur de Cath-Info tient une chronique politico-religieuse baptisée: «Rue Brique». Elle devient de plus en plus «Rue Briques» !

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