La session diocésaine du diocèse de LGF se tiendra à Palexpo du 4 au 6 octobre 2016 (détail de l'affiche)
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La session diocésaine du diocèse de LGF se tiendra à Palexpo du 4 au 6 octobre 2016 (détail de l'affiche)

Session diocésaine: Décrochage


«Mission impossible?», s’interroge notre évêque au moment de convoquer ce que je me résigne à appeler ses «agents pastoraux» pour un colloque exceptionnel qui se tiendra à Palexpo de Genève ces jours prochains. Le propos est de quitter le centre pour évangéliser les périphéries. Louable initiative. Mais existe-t-il encore un «centre» dont il faudrait s’éloigner?

Ce qui reste de pratiquants dans nos régions – le centre – ne fait que s’étioler au rythme soutenu des décès et des entrées en EMS. Et le petit noyau qui résiste encore croule sous le poids de la nécessité de poursuivre et d’entretenir ce qui a toujours été. Restera-t-il suffisamment de force au «centre» pour courir vers la périphérie? Et pour témoigner de quoi?

“Le Dieu de Jésus-Christ a cessé d’intéresser les Occidentaux”

Cette question est préalable à tout envoi missionnaire. A quoi bon faire de nouveaux convertis si c’est pour les perdre dès la prochaine génération? Autre façon de poser la même question: à quoi bon catéchiser des communiants ou des confirmands si c’est pour oublier leur visage dès le lendemain de leur sacrement? Comment expliquer ce décrochage? En particulier, celui des jeunes qui ont pour parents et grands parents des chrétiens croyants et pratiquants. Voilà le nouveau champ de la mission. Une périphérie très proche.

On ne relèvera pas ce défi en inventant de nouvelles méthodes et moyens d’approche. Tout et son contraire a été tenté depuis cinquante ans, tant sur le plan pédagogique, liturgique, catéchétique, biblique ou théologique. Nos infidélités, si graves soient-elles, n’expliquent pas à elles seules le décrochage. Alors quoi? J’avance une hypothèse qui mériterait d’être confirmée. Le Dieu de Jésus-Christ a cessé d’intéresser les Occidentaux. Comme le jeune homme riche des évangiles, ils ne font plus le saut vers un Dieu Père et transcendant. Ils en restent à des «valeurs», d’origine chrétienne certes, mais devenues inconsistantes et folles parce que déracinées de l’humus qui les porte et les nourrit.

En conclusion, seuls de vrais croyants peuvent devenir missionnaires. Nos structures auront beau être mises au goût du jour, elles seront de peu d’importance si le Dieu de Jésus ne nous intéresse plus.

Guy Musy | 03.10.2016

Guy Musy

Le Frère Guy Musy est né en 1936 à dans le canton de Fribourg. Entré dans l'ordre des Frères Prêcheurs en 1956, il accomplit ses études de théologie en Belgique puis en Suisse. Ordonné prêtre en 1962, il poursuit ses études à la Faculté évangélique de l’Université d’Heidelberg, avant d’être rappelé en Suisse pour prendre en charge l’aumônerie catholique de l’Université de Lausanne.

En 1970, il répond à un appel de ses supérieurs qui l’envoient au Rwanda. Il y demeurera quelques vingt ans durant lesquels ils assumera différents ministères: aumônier à l'Université nationale de Butare, puis en milieu populaire à Kigali, mais aussi responsable de la Caritas de la capitale du Rwanda.

De retour à Genève en 1989, entre autres activités, il enseigne à l’Atelier Œcuménique de Théologie et à l’Ecole de la Foi de Fribourg. Passionné d’écriture – il a déjà publié quatre volumes de ses «mémoires» – il collabore notamment, depuis plus de vingt ans, au périodique romand «L’Echo-Magazine». Enfin, il continue d’assumer depuis plusieurs années la charge de rédacteur responsable de la revue dominicaine «Sources».

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