"L’idée d’un homme-dieu est au cœur du christianisme" (Photo: Pixabay)
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"L’idée d’un homme-dieu est au cœur du christianisme" (Photo: Pixabay)

Transhumanisme: de l'homme augmenté à l'homme divinisé


Le transhumanisme nous propose un “homme augmenté” grâce à l’apport des sciences modernes. Un savoir multiplié par l’informatique, allongé par la médecine, transformé par les implants jusqu’à en faire un être nouveau et lui donner une forme d’éternité: “l’homme-dieu”.

D’un autre côté, la mort d’Ueli Steck, la “machine suisse”, qui a réalisé des ascensions stupéfiantes de vitesse par la technique inverse: l’homme allégé. Rejetant les lourdes bouteilles d’oxygène, il parcourait les hauts sommets du monde avec un équipement minimal. Façonnant son corps par la diététique et l’endurance, il écartait les mesures de sécurité, ne comptant que sur sa maîtrise de l’escalade, son audace et son sang froid.

L’idée d’un homme-dieu est au cœur du christianisme.

Il se maintenait, dans un équilibre calculé, aux limites de la mort. Celle-ci l’a rejointe cette fois. Il savait bien que c’était une question de temps. Dans un dernier geste significatif, sa dépouille a été brûlée dans l’enceinte d’un monastère tibétain, manifestant ainsi le désir de spiritualisation qui sous-tendait ses escalades de l’extrême.

Manifestement, il ne rêvait pas, lui, de l’immortalité terrestre du transhumanisme. L’idée d’un homme-dieu est au cœur du christianisme. Il le voit déjà réalisé dans la personne de Jésus-Christ et offerte à tous ceux qui croient en lui. Sa voie est l’amour divin, qui nourrit aussi bien nos passions terrestres que notre désir de transcendance. C’est un surplus de vie, d’espérance et d’action qui apporte plénitude et bonheur. Elle englobe aussi bien le désir de dépassement de l’alpinisme que la recherche scientifique ou l’amélioration de la société, mais c’est finalement dans le côté créateur de l’amour personnel, entre Dieu, le monde et soi-même qu’elle trouve sa réalisation. Elle traverse même la souffrance et la mort, nous donnant légèreté, distance, compréhension et ce surcroît de création qui nous fait entrer dans l’éternel: l’homme divinisé.

Jean-Blaise Fellay | 16.05.2017

Jean-Blaise Fellay

Né en 1941, entrée chez les jésuites en 1961, spécialiste de l’Histoire de l’Eglise, est engagé comme directeur spirituel aux Séminaires diocésains des Diocèses de Lausanne, Genève et Fribourg et de Sion.

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