(Photo:Crucifixion de Villars-les-Moines)
(Photo:Crucifixion de Villars-les-Moines)

Homélie du 14 avril 2019 (Lc 22, 14 – 23, 56 )


Abbé Lionel Girard – Chapelle de Platta, Sion

Prolongeons le récit de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ selon saint Luc, en nous laissant guider par l’Esprit-Saint pour apprendre de lui comment arriver à reconnaître dans le drame qui se joue, la figure de l’auteur de la vie en plénitude, tout à la fois créateur, provident et sauveur. Pas évident en effet, dans ces manifestations d’une violence paroxysmique, de saisir que Dieu, juste et miséricordieux, ait choisi pour notre rédemption, pour tous et chacun, cette mort si atroce de la croix… Osons lui redemander la grâce de la foi pour entrer dans ce mystère !

Deux mondes se font face

Interrogeons-nous au sujet des trahisons qui s’enchaînent : celle de Judas bien sûr, mais aussi celle d’Hérode, de Pilate, des grands prêtres et des scribes, bref des puissants ; mais aussi celle des soldats, de la foule, même de Simon-Pierre ! Et devant cette mascarade de justice dévoyée, le Juste par excellence se tait, prie, pardonne, libère et restaure dans sa dignité, l’humanité déboussolée. Oui, deux mondes se font face !

Plus le bruit du mensonge, de la haine enfle et se propage alentour, plus Jésus se tait. D’abord, devant les moqueries des soldats, leurs coups portés, l’exaspération des autorités liguées, Jésus prend la peine de révéler pacifiquement sa divinité. Mais qui l’écoute encore ? Qui se laisse toucher par la vérité qu’il incarne ?

A de maintes reprises pourtant, il avait annoncé qu’avant de ressusciter, avant de mourir, il lui faudrait souffrir. Mais déjà à l’époque, sa parole prophétique n’était pas reçue. Maintenant qu’elle s’accomplit, nous assistons à son agonie et sommes touchés par la prévenance qu’il déploie à exhorter à la prière, à guérir en pardonnant jusqu’à l’impardonnable, manifestant ainsi encore parfaitement la volonté du Père. Et quand la nuit refait surface, comme pour signifier la nouvelle création en train d’advenir, retentit alors son dernier cri, tel celui d’un nouveau-né que l’humanité espère encore inconsciemment.

Mystère de la vie, indissociable de la mort

Ainsi, ce jour du sabbat qui commence est celui du véritable silence qui convient à ceux qui reposent en paix attendant d’être saisis par le Vivant pour le repas des noces éternelles.

Nous venons d’assister au mystère de la vie, indissociable de la mort ; Avec Jésus crucifié, nos vies sont éclairées d’un jour nouveau ; par lui, notre humanité devient associée à la sienne jusque dans les souffrances les plus tragiques que nous puissions traverser, et une espérance un peu folle surgit, celle de savoir qu’un regard contrit vers lui peut nous obtenir la libération véritable de nos péchés qui nous auraient valus une issue funeste.

Tandis que le Verbe de Dieu meurt sur la croix, il nous sauve ; nous ayant appelés à sa suite, apprenons à faire silence, à prier, à pardonner et à servir nos frères. Ainsi, nous garderons sa parole… et donc ne mourrons pas. Oui, vivons avec, par et en lui, dans cette contemplation éternelle de l’amour manifesté jusqu’au bout. Et avec le centurion qui rendit gloire à Dieu, continuons de célébrer le mémorial de notre merveilleuse rédemption.  Amen.


DIMANCHE DES RAMEAUX ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

Lectures bibliques : Luc 19, 28-40 (procession); Isaïe 50, 4-7; Psaume 21; Philippiens 2, 6-11; Luc 22, 14 – 23, 56


 

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