(Photo:Steve Snodgrass/Flickr/CC BY 2.0)
Homélie

Homélie TV du 4 avril 2021 (Jn 20, 1-9 )

Père Carmelo Andreatta – Chapelle de l’hôpital La Carità de Locarno (TI)

Dans les trois lectures de ce dimanche de Pâques, ce qui frappe, c’est le changement radical d’une histoire humaine, personnelle ou communautaire. Une histoire qui aurait pu retourner dans l’ombre, comme beaucoup d’autres de notre monde : classées et oubliées avec leurs héros.
Les mêmes protagonistes de la passion, de la mort et de la résurrection de Jésus le confesseront par leurs gestes et leurs paroles:
les femmes tristes qui se rendent au tombeau le lendemain du Sabbat pour faire un dernier geste de piété et conclure les rites funéraires ;
Marie de Magdala qui pleure sur la disparition du corps de son Seigneur;
les Apôtres qui, enfermés dans le Cénacle par peur, ne croient pas à l’annonce de la Résurrection, « délire de femmes » – disent-ils – et craignent même ce qu’ils considèrent comme un fantôme (celui de Jésus) qui leur apparaît le soir même.
L’apôtre Thomas qui, pour croire, doit toucher les marques des clous sur le corps du Maître.
Les disciples d’Emmaüs qui, après ces journées cruciales, retournent, inconsolables, de Jérusalem vers leur village, déçus parce qu’en Jésus, mort et enterré, ils voient s’évanouir leurs espoirs de libération d’Israël de la tyrannie.
Même Pierre, qui veut reprendre son ancien métier de pêcheur, sur le lac de Galilée, suivi par quelques apôtres : « Nous aussi, nous venons avec toi ». Presque comme pour dire : « C’était bien pendant le temps que ça a duré.
Maintenant, il ne se passe plus rien, Jésus n’apparaît plus, et nous devons toujours nous débrouiller et continuer à vivre notre vie. »
Et nous pourrions continuer à rappeler des mots, des attitudes, des sentiments, des gestes…

Ce sont aussi les nôtres, frères et sœurs, dans la mesure où nous laissons notre vie prendre le dessus, souvent poussés par nos convictions humaines, par nos prétentions, par nos attentes déçues, voire par nos angoisses, nos peurs, nos illusions ou nos désillusions, par nos moments négatifs.
Puis on se retrouve comme dans une impasse et on fait demi-tour ! Nous retournons à notre vie habituelle.
Que s’est-il passé ces jours-là qui ont littéralement tout remués, chaque situation, chaque cœur, qui ont même redonné de l’énergie à ces corps déçus, de la force et du courage à ces esprits éprouvés et découragés ?
Il est difficile de le dire ! Cependant, nous en percevons les effets sur tous ces premiers témoins.

Se reconnaitre comme témoins de Jésus

Le Cénacle, à Jérusalem s’ouvre, il s’ouvre même totalement, et ce n’est plus la prison de la peur ou des attentes vides de projets, de rêves à réaliser, d’un groupe d’hommes fermés les uns aux autres, incapables de se reconnaître comme des frères, oublieux de tout ce que Jésus avait dit et fait dans l’aventure divine avec Lui.
Maintenant ces mêmes hommes se reconnaissent comme témoins de Jésus, sans plus aucune crainte, et comme un seul corps et une seule âme, ils sortent du Cénacle et, avec force et courage, sans craindre rien ni personne, ils annoncent la résurrection de Jésus, cette même résurrection qu’ils n’avaient pas reconnue les jours précédents.
Ainsi, dans l’Évangile que nous venons d’entendre, nous lisons des verbes desquels émerge la nouveauté qui rafraîchit le cœur et donne des ailes à l’Espérance : Marie-Madeleine se questionne :
« Qui a enlevé la lourde pierre du tombeau ? Où ont-ils mis le Seigneur ? »

Une présence qui est source de vie nouvelle

Et puis, elle court donner des nouvelles aux douze. Pierre et Jean sont particulièrement impliqués dans cette annonce et dans la course qui s’ensuit. Ils sortent, « courant ensemble », pour aller voir. Pierre se penche, entre, voit, constate. Jean voit et croit…
Tous ces verbes qui appellent la nouveauté, la force d’une présence, celle du Ressuscité, que leurs yeux verront et reconnaîtront à la mesure de leur amour pour le Christ, de leur foi en Lui.
Présence qui est source de vie nouvelle et inattendue ; qui libère un dynamisme vital capable de remettre « en mouvement » ce qui semblait éteint ; dans ces hommes et ces femmes germe une vitalité et une énergie qui, dans l’événement extraordinaire, ne peuvent être soutenues par les seules capacités humaines ;
C’est une vigueur qui rend capable d’affronter la vie avec ses succès et ses épreuves, certaines terribles, jusqu’au martyre.

Chercher les réalités d’en haut

Frères et sœurs, nous vivons une époque qui, d’un côté met en lumière toute notre précarité et notre fragilité et de l’autre nous appelle à « laisser sortir », à « faire jaillir» le meilleur de nous-mêmes.
Mais plus encore, elle nous appelle à avoir un regard qui cherche « les réalités d’en haut », comme l’apôtre Paul y invitait les chrétiens de Corinthe, et comme lui-même et les témoins de la Résurrection l’ont fait.
Non pas en s’éloignant de la terre, non ! Ils ont vécu les événements du monde avec la lumière du Ressuscité dans leur cœur et dans leurs yeux. Ils ont su « regarder » la vie et toutes les situations, qu’elles soient heureuses ou tristes, avec les yeux de l’Espérance qui a jailli de la rencontre avec le Ressuscité ;
ils ont su et voulu travailler dans le monde en gardant dans leur cœur les paroles du Maître, en les vivant parce qu’elles sont des « paroles de vie » qui apportent le Ciel sur la terre et la terre au Ciel. Des paroles vécues avec les gestes de la foi, avant d’être proclamés par le son de la voix.
Je ne sais pas comment ils ont vécu leur rencontre avec le Ressuscité, ce qu’ils ont vu et entendu. Il ne nous reste que le témoignage précieux et essentiel des Evangiles. Je sais seulement que leurs vies ont été totalement changées, en prenant un nouveau cours, jusqu’à la fin.
C’est ainsi que nous voulons nous souhaiter de joyeuses fêtes de Pâques, avec un fort désir dans nos cœurs de rencontrer chaque jour le Ressuscité qui vit déjà en nous et qui se manifeste continuellement, avant tout dans sa parole et dans les signes de sa présence, comme l’Eucharistie que sommes en train de célébrer.
Et d’une manière différente mais non moins réelle, il se rend présent dans notre recherche et dans notre amour pour lui dans nos frères et sœurs qui souffrent, dans le désir de fraternité et d’unité qui, aujourd’hui plus que jamais, surgit du monde qui souffre d’une faim d’amour.
Oui, frères et sœurs, « voici le jour que fit le Seigneur, réjouissons-nous et exultons ».

LA RÉSURRECTION DU SEIGNEUR
Lectures bibliques : Actes 10, 34a.37-43; Psaume 117, 1-2, 16-17, 22-23; Colossiens 3, 1-4 ou 1 Corinthiens 5, 6b-8; Jean 20, 1-9 ou Marc 16, 1-7

Version originale (italien)

Nelle tre letture di questa Domenica di Pasqua ciò che colpisce è il cambiamento radicale di una vicenda umana, personale o comunitaria, che si poteva credere destinata a tornare nell’ombra, come tante storie di questo nostro mondo: chiuse e dimenticate assieme ai loro eroi.
Gli stessi protagonisti della passione, morte e risurrezione di Gesù lo confesseranno con i loro atteggiamenti e loro discorsi:
le donne che tristi vanno al sepolcro il giorno dopo il Sabato per compiere un ultimo gesto di pietà e terminare i riti della sepoltura.
Maria di Magdala che piange sulla scomparsa del corpo del suo Signore;
gli Apostoli chiusi nel Cenacolo per paura, che non credono all’annuncio della risurrezione, «vaneggiamento di donne» – dicono – e addirittura temono ciò che considerano un fantasma (quello di Gesù) che appare loro la sera stessa.
L’apostolo Tommaso che per credere ha bisogno di toccare i segni dei chiodi sul corpo del Maestro.
I discepoli di Emmaus che da Gerusalemme, dopo quei giorni cruciali, tornano sconsolati al loro villaggio, delusi perché in Gesù morto e sepolto vedono sfumare le loro attese di liberazione d’Israele dalla tirannia.
Addirittura Pietro che vuol riprendere il suo vecchio mestiere di pescatore, sul lago di Galilea seguito da alcuni apostoli: «Veniamo anche noi con te». Quasi a dire: «È stato bello finché è durato.
Ora non capita più niente, Gesù non appare più, e noi dobbiamo comunque arrangiarci e continuare a vivere la nostra vita».
E potremmo continuare ancora a ricordare parole, atteggiamenti, sentimenti, gesti…
Sono anche i nostri, fratelli e sorelle, nella misura in cui lasciamo che abbia il sopravvento la nostra vita, pilotata spesso dai nostri convincimenti umani, dalle nostre pretese, dalle nostre attese deluse, anche dalle nostre angosce, paure, illusioni o disillusioni, dai nostri momenti «no».
Allora ci ritroviamo come in un vicolo cieco e facciamo dietrofront! Si ritorna alla solita vita.
Cos’è successo quei giorni che ha letteralmente rimesso in moto ogni cosa, ogni situazione, ogni Cuore, addirittura ha ridato energia a quei corpi delusi, forza e coraggio a quelle menti provate e scoraggiate?
È difficile esprimerlo carissimi! Ne vediamo comunque gli effetti su tutti quei primi testimoni.

Il Cenacolo, a Gerusalemme, si apre, si spalanca addirittura, e non è più la prigione della paura o di attese vuote di progetti, di sogni da realizzare, di un gruppo di uomini chiusi gli uni agli altri, incapaci di riconoscersi fratelli, smemorati di tutto ciò che Gesù aveva detto e fatto nella divina avventura con Lui.
Ora questi stessi uomini si riconoscono testimoni di Gesù, senza più paure, e come un corpo solo e un’anima sola, escono dal Cenacolo e con forza e coraggio, senza temere nulla e nessuno, annunciano la risurrezione di Gesù, quella stessa risurrezione che giorni prima non avevano riconosciuto.
E così nel Vangelo che abbiamo appena ascoltato leggiamo verbi dai quali emerge la novità che rinfranca il Cuore e mette ali alla Speranza:
la Maddalena s’interroga: «Chi ha tolto via la pesante pietra dal sepolcro? Dove hanno posto il Signore?»
E poi corre per dare notizia ai dodici. Si coinvolgono in quest’annuncio e nella conseguente corsa soprattutto Pietro e Giovanni che escono, «corrono insieme» a loro volta per andare a vedere. Pietro si china, entra, vede, costata. Giovanni vede e crede…
Tutti verbi che richiamano la novità, la forza di una «Presenza», quella del risorto, che i loro occhi vedranno, riconosceranno nella misura del loro amore a Cristo, della loro fede in Lui.
Presenza che è sorgente di vita nuova e insperata, e che sprigiona un dinamismo vitale capace di rimettere «in moto» ciò che sembrava irrimediabilmente spento; in questi uomini e donne germogliano una vitalità e un’energia che, nell’Evento straordinario, non possono sostenersi unicamente con le sole capacità umane;
si tratta di un vigore che rende capaci di affrontare la vita con i suoi successi e le sue prove, talune tremende, fino al martirio.

Carissimi fratelli e sorelle, viviamo un tempo che, se da una parte evidenzia tutta la nostra precarietà e fragilità, dall’altra ci chiama a «lasciare uscire», a «tirar fuori» il meglio di noi stessi.
Ma ancor più ci richiama ad avere uno sguardo che cerca «le cose di lassù», come l’apostolo Paolo invitava i Cristiani di Corinto a fare e come lui stesso e i testimoni della risurrezione hanno fatto.
Non estraniandosi dalla terra, no! Loro hanno vissuto gli eventi del mondo con nel cuore e negli occhi la luce del Risorto. Hanno saputo «guardare» alla vita e a tutte le situazioni, liete o tristi con gli occhi della Speranza scaturita dall’incontro col Risorto;
hanno potuto e voluto operare nel mondo custodendo nel cuore le parole del Maestro, vivendole perché «parole di vita» che portano il Cielo in terra e la terra al Cielo. Parole vissute coi gesti della fede prima di essere proclamate col suono della voce.
Non so quindi come abbiano vissuto l’incontro col Risorto, cosa abbiano visto e udito. Ci restano solo le preziose ed essenziali testimonianze dei Vangeli. So soltanto che la loro vita è totalmente cambiata, prendendo un corso nuovo, fino alla fine.
Vogliamo augurarci buona Pasqua così, con nel Cuore il desiderio forte d’incontrare ogni giorno il Risorto che già vive in noi e che si manifesta continuamente anzitutto nella sua parola e nei segni della sua presenza, come l’Eucaristia che stiamo celebrando.
E in diversa misura non meno reale si rende presente nel nostro cercarlo e amarlo nel fratello che soffre, nel desiderio di fraternità e unità che oggi più che mai sale dal mondo che soffre per carestia d’Amore.
Sì, fratelli e sorelle, «questo è il giorno che ha fatto il Signore, rallegriamoci ed esultiamo».

don Carmelo Andreatta, arciprete di Locarno

4 avril 2021 | 11:40
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