Le président argentin Mauricio Macri est sous le feu des critiques. (Photo: Maria Ines Ghiglione/Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-ND 2.0</a>)
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Le président argentin Mauricio Macri est sous le feu des critiques. (Photo: Maria Ines Ghiglione/Flickr/CC BY-ND 2.0)

Argentine: Des prêtres accusent le gouvernement de violer les droits humains

01.03.2016 par Jean-Claude Gerez, correspondant de l'Apic en Amérique latine

Un groupe de prêtres catholiques argentins de l’Option pour les pauvres accuse le gouvernement de Mauricio Macri, élu en décembre 2015, de fermer les yeux sur la répression policière et de ne pas respecter les droits humains. Ils dénoncent en outre un modèle de gouvernance qui augmente la pauvreté.

Dans une lettre publique adressée au “peuple de Dieu et au peuple en général”, les prêtres lancent une mise en garde sur ce qu’ils estiment être un “grave autoritarisme” de la part de l’Etat et un retour en arrière en matière de droits humains. Les ecclésiastiques dénoncent également l’emprisonnement “injuste” de la militante politique Milagro Sala, les menaces contre la liberté d’expression et le droit à l’information, ainsi que “l’abondance et l’abus de décrets d’état d’urgence”.

Répression arbitraire

Face à ce qu’ils considèrent comme une “attitude perverse” de la part du nouveau gouvernement, les prêtres demandent qu’au “nom de Dieu et de ce peuple qui souffre, et dont les plaintes montent au ciel, le gouvernement change de modèle de gouvernance”.

Les signataires de la lettre se disent préoccupés par la manière dont le gouvernement vide de sa substance le thème des droits humains. Ils évoquent de nombreux cas de répression arbitraire et de violences perpétrées par les forces armées dans des quartiers défavorisés de plusieurs grandes villes du pays.

Soutien du pape

Les prêtres dénoncent également le traitement infligé à Milagro Sala, la présidente et fondatrice de l’ONG argentine Barrias Tupac Amaru, fondée en 2001 pour faire face à la misère, au chômage, aux problèmes de logement, d’éducation et de santé. Pour les clercs, le fait que le pape François ait offert un rosaire à Milagro Sala est “un évident indice de la préoccupation du Saint-Père”. Les signataires de la lettre déplorent un “signe que le gouvernement ne veut pas reconnaître au nom de la supposée indépendance du pouvoir judiciaire”.

Ils dénoncent finalement l’hypocrisie du discours du gouvernement qui propose “la pauvreté zéro”. Pour les prêtres, il s’agit “d’un discours servi à la presse, mais qui n’existe dans aucun pays du monde”. Et d’ajouter: “Ce que nous constatons clairement, c’est que malgré l’application de ces politiques sociales et économiques, la pauvreté augmente à un rythme vertigineux, au lieu de diminuer”.

Les prêtres indiquent que cette lettre ouverte est la première d’une série dans laquelle ils continueront à “analyser la réalité du pays à partir de l’Evangile et des pauvres”. (cath.ch-apic/jcg/rz)


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