Sans doute exécutés par les militaires, craint l’ACAT

Cameroun: Pas de nouvelle de neuf jeunes, disparus après avoir été interpellés

Douala, 4 avril 2001 (APIC) On reste sans nouvelles de neuf jeunes du quartier de Bépanda à Douala, au Cameroun, qui ont disparu après avoir été interpellés le 23 janvier. Pour l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (ACAT), ils ont été exécutés. L’organisation estime à plus de 1’000 le nombre des victimes du commandement opérationnel de Douala pour la période qui va du mois de février 2000 au mois de février 2001.

Ces jeunes gens avaient été interrogés dans le cadre d’une enquête sur le vol d’une bouteille de gaz domestique et enfermés dans un poste de la région de gendarmerie de Douala, avant d’être transférés dans les locaux de la région militaire de la ville. Depuis le 29 janvier, leurs familles n’ont aucune nouvelle d’eux et craignent qu’ils n’aient été exécuté; elles ont organisé dernièrement des manifestations, qui ont été réprimées ou empêchées par la police.

Le cardinal Tumi, archevêque de Douala, son évêque auxiliaire, les évêques de Edea, Eseka, Nkongsamba, et de nombreuses personnalités ecclésiastiques ont dénoncé ces faits, exigeant que les autorités «fassent la lumière sur ce triste événement». Le cardinal a demandé au président du Cameroun de s’expliquer sur cette affaire.

Selon l’ACAT), les neuf jeunes gens ont été exécutés par le commandement opérationnel mis en place pour lutter contre l’insécurité qui règne dans la capitale. L’organisation estime à plus de 1’000 le nombre des victimes du commandement opérationnel pour la période qui va du mois de février 2000 au mois de février 2001.

Le gouvernement du Cameroun n’a pas encore réagi à ces accusations. Le gouverneur de la Province du Littoral a affirmé dernièrement qu’une enquête serait ouverte.

«Des cas semblables continuent malheureusement de se produire, a explique à l’agence Fides (Vatican) un assistant social de Yaoundé. La police recourt à la torture, et notamment à Douala où la criminalité est plus répandue. De nombreuses personnes, incarcérées souvent pour des raisons futiles, sont condamnées sans procès et meurent sous la torture. La justice est liée à la corruption et au clientélisme: il suffit d’être ami avec un policier pour faire condamner une personne».

De nombreuses personnes disparues sont des enfants de la rue, chez lesquels la criminalité est la plus répandue. Au Cameroun, sur une population totale de 14’400’000 d’habitants, 43,5% ont moins de 15 ans. Le pourcentage d’alphabétisation chez les adultes est de 71,4%. (apic/cip/fides/pr)

4 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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