Mgr Celestino Aós Braco, administrateur apostolique de l'archidiocèse de Santiago du Chili  | © Nibaldo Pérez  www.iglesiadesantiago.cl
Dossier

Cardinal Celestino Aós Braco: simple servant de l’Église 9/9

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Le consistoire qui s’est tenu le 28 novembre 2020 a vu la nomination de neuf nouveaux cardinaux. Nous terminons la série de portraits avec Celestino Aós Braco.

En à peine cinq années, le cardinal espagnol Celestino Aós Braco a réalisé une ascension hors du commun. En 1983, ce simple prêtre capucin est d’abord envoyé dans un diocèse rural du sud du Chili. Détenteur d’un diplôme en psychologie, il offrait alors des consultations à des personnes modestes qui n’avaient pas les moyens de consulter un psychologue.

Il a ensuite été appelé en 2014 à 69 ans pour diriger le diocèse ouvrier de Copiapó au nord. En mars 2019, à 74 ans, le prélat est alors nommé par le pape administrateur apostolique de l’archidiocèse de Santiago, le plus important du Chili. «Il a contribué à calmer les eaux turbulentes du diocèse», confie à I.MEDIA un prêtre chilien. «Il est arrivé pour faire ce qu’il pouvait, conscient de son âge avancé».

Un geste d’encouragement envers l’Église au Chili

« Tout le monde le voyait alors comme un homme de transition », explique-t-il. Mais en décembre 2019, Mgr Aós est nommé à 74 ans et 8 mois (soit quatre mois avant l’âge théorique de la retraite canonique) archevêque de Santiago. « Il faut interpréter cette décision du pape comme un geste d’encouragement adressé à l’Église au Chili » après des années marquées par les scandales d’abus sexuels, souligne ce bon connaisseur de l’Église au Chili.

À son arrivée, le capucin a d’abord été très sollicité par les médias, raconte cette source. « Mais ce n’était pas du tout naturel pour lui, il a aussitôt repris une attitude plus discrète », explique le chilien, « ce qui n’a pas vraiment profité à l’Église, absente lors des récentes révoltes sociales qui ont secoué le pays ».

Ni idéologue, ni ambitieux

C’est un « homme très simple sur le plan des rapports humains, ce n’est pas du tout un idéologue ni un ambitieux », témoigne le prêtre. « Il est juste très fidèle à l’Église » et semble avoir accepté chacune de ses charges avec beaucoup de docilité, déclare-t-il encore. Une simplicité qui transparait sur son apparence puisque Mgr Aós, est systématiquement en habit de capucin quand il n’est pas en civil avec sa croix pectorale autour du cou.

Après la nomination en 2010 du cardinal italien Riccardo Ezzati à Santiago, et maintenant d’un Espagnol, le Saint-Siège ne parvient toujours pas à confier le plus grand diocèse du pays à une figure chilienne. Le profil du cardinal Aós rompt toutefois fortement avec celui de ses prédécesseurs : si le cardinal Javier Errázuriz (1998-2010) était issu de l’aristocratie chilienne, Mgr Aós vient quant à lui d’une famille espagnole particulièrement modeste.

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