Centrafrique: un prêtre abattu

Un prêtre a été abattu dans la soirée du 29 juin 2018 à l’évêché de Bambari, en Centrafrique. Un meurtre qui intervient alors que le pays connaît une recrudescence de la violence depuis quelque semaines.

L’abbé Firmin Gbagoua a reçu une balle à bout portant dans l’abdomen vers 19h00, vendredi 29 juin, avant de succomber à ses blessures, explique l’abbé Mathieu Bondobo, recteur de la cathédrale de Banghi, la capitale, encore sous le coup de l’émotion. Il était en train de dîner à l’archevêché de Bambari, en compagnie de confrères, rapporte le site Vatican News.

L’émotion dans le pays est d’autant plus grande que ce meurtre intervient dans un contexte centrafricain extrêmement tendu. »Personne n’est protégé dans ce pays, mais l’Eglise ne se taira pas», clame l’abbé Bondobo.

Il s’agit du 3e prêtre tué dans le pays depuis le début de l’année, après le Père Joseph Désiré Angbabata en mars puis le Père Albert Toungoumalé-Baba, tué ainsi que 15 paroissiens à Bangui, le 1er mai dernier.

Recrudescence des violences

Depuis 2013, la Centrafrique vit une guerre intercommunautaire menée par des milices d’autodéfense, les balaka (pro-musulmans) et anti-balaka (pro-chrétienne). Ce conflit a créé des tensions entre musulmans, chrétiens et protestants et avivé la méfiance entre les communautés.

Les combats entre groupes armés et milices d’autodéfense prennent de plus en plus d’ampleur dans le nord du pays. Des religieux, des casques bleus sont ciblés, des maisons brulées. «Ces criminels qui continuent de tuer, nous savons où ils se trouvent», indique le recteur de la cathédrale de Bangui, appelant les autorités à faire leur travail».

Cette recrudescence des violences inquiète donc naturellement aussi les évêques centrafricains. Dans une lettre parue à l’issue de leur assemblée extraordinaire le 24 juin dernier, l’épiscopat avait constaté «avec étonnement et amertume, l’arrivée de nouveaux mercenaires qui rendent difficile la résolution de la crise». »L’impunité et l’amnistie que certains tentent de nous imposer ne nous apporteront pas la paix», écrivaient-ils, se référant aux multiples accords de paix qui permettraient, selon eux, de faire gagner du temps à certains groupes armés.

«Nous rappelons au gouvernement, à la communauté internationale et aux groupes armés que l’autorité de l’Etat est non négociable, et qu’elle ne peut faire l’objet d’un quelconque marchandage», plaidaient les évêques. (cath.ch/vatnews/ag/bh)

2 juillet 2018 | 11:01
par Bernard Hallet
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