La Plaza de Armas et la Cathédrale d'Osorno au Chili (Image: commons wikimedia / <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/legalcode" target="_blank">CC BY-SA 3.0</a> / Manuel Cossu)
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La Plaza de Armas et la Cathédrale d'Osorno au Chili (Image: commons wikimedia / CC BY-SA 3.0 / Manuel Cossu)

Chili: Le pape François accepte la démission de Mgr Barros et de deux autres évêques

11.06.2018 par I.MEDIA

Après la démission présentée par l’ensemble des évêques chiliens au mois de mai, le pape François a accepté, le 11 juin 2018, la renonciation de trois d’entre eux, dont Mgr Juan Barros, évêque au cœur du scandale de la gestion des abus sexuels dans ce pays.

Le 17 mai dernier, au terme de trois jours de rencontres à huis clos avec le souverain pontife, les évêques chiliens avaient annoncé avoir tous présenté leur démission au pape François. En cause : leur gestion des cas d’abus sexuels, qui avait créé un large scandale. Depuis, le pontife n’avait pas encore réagi officiellement.

Parmi ces premières renonciations acceptées, figure Mgr Juan Barros Madrid, évêque d’Osorno âgé de 61 ans. Successivement auxiliaire de Valparaíso, évêque d’Iquique puis évêque aux armées, sa nomination en 2015 à la tête du diocèse d’Osorno avait créé une vaste contestation, tant chez une partie des fidèles que du clergé diocésain. Il est reproché à Mgr Barros d’avoir été témoin dans sa jeunesse d’abus sexuels commis par le Père Fernando Karadima – condamné en 2010 par le Saint-Siège – mais de les avoir tus. Suite à ces accusations, la Congrégation pour les évêques avait mené une enquête, mais celle-ci n’avait pas permis de conclure à la culpabilité de Juan Barros. A plusieurs reprises, dont en janvier dernier lors de sa visite au Chili, le pape François avait pris la défense de ce prélat.

En février, il avait cependant demandé à Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et Mgr Jordi Bertomeu, official de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de réaliser une nouvelle enquête. L’annonce de cette renonciation intervient alors que les deux prélats doivent retourner au Chili du 12 au 19 juin, à la demande du pape. Ils se rendront notamment dans le diocèse d’Osorno.

Deux évêques de 75 ans

Outre Mgr Barros, le successeur de Pierre a accepté la démission de Mgr Cristián Caro Cordero, évêque de Puerto Montt, diocèse du sud du Chili et voisin d’Osorno. Agé de 75 ans, il avait de toute façon dépassé l’âge de la retraite canonique. Avant d’arriver en 2001 à Puerto Montt, dans le sud du Chili, Mgr Caro avait été pendant dix ans auxiliaire de Santiago, son archidiocèse d’origine. S’il ne fait pas partie du groupe d’évêques proches du Père Karadima dans leur jeunesse, Mgr Caro avait pris la défense de Mgr Barros, à plusieurs reprises, notamment devant les fidèles d’Osorno.

Enfin, l’évêque de Rome a aussi accepté la démission du pasteur du diocèse de Valparaíso, Mgr Gonzalo Duarte García de Cortázar. Agé de 75 ans, il avait lui aussi dépassé l’âge de retraite canonique. En 2012, il avait lui-même été accusé par un ancien séminariste d’avoir commis des abus sexuels. Toutefois, la plainte devant la justice civile n’avait pas abouti.

Pour l’heure le pape n’a pas nommé de successeur aux trois évêques démissionnaires. Il a désigné des administrateurs apostoliques pour chacun des trois diocèses : Mgr Jorge Enrique Conchua Cayuqueo, auxiliaire de Santiago, à Osorno ; le Père Ricardo Basilio Morales Galindo, provincial de l’Ordre de la Miséricorde, à Puerto Montt ; Mgr Pedro Mario Ossandón Buljevic, auxiliaire de Santiago, à Valparaíso. (cath.ch/imedia/xln/mp)


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