Mgr Philipp Wison, archevêque d'Adelaïde, en Australie, a été libéré de l'accusation de non-dénonciation d'abus sexuels | archidiocèse d'Adelaïde
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Mgr Philipp Wison, archevêque d'Adelaïde, en Australie, a été libéré de l'accusation de non-dénonciation d'abus sexuels | archidiocèse d'Adelaïde

Condammé pour non-dénonciation d'abus sexuels, Mgr Philip Wilson a été acquitté

20.12.2018 par Maurice Page

Condammé en mai 2018 pour non dénonciation d’abus sexuels, l’archevêque australien Philip Wilson a été acquitté en en seconde instance début décembre. Le directeur des poursuites pénales de Nouvelle-Galles du Sud a annoncé le 19 décembre 2018 qu’il n’interjettera pas appel de cette décision. L’affaire en restera donc là.

L’archevêque d’Adelaïde était le prélat le plus haut placé d’Australie à avoir été reconnu coupable de dissimulation d’abus sexuels, jusqu’à ce que sa condamnation soit annulée par le tribunal de district de Newcastle, au début du mois de décembre.

Le directeur des poursuites pénales de Nouvelle Galles du Sud a renoncé à porter l’affaire devant l’instance supérieure. “Un appel ne peut être interjeté qu’en cas d’erreur de droit. Après mûre réflexion, il a été décidé qu’il n’y avait aucune chance raisonnable de succès”, indique un communiqué.

Il n’y aura pas de troisième manche

Mgr Greg O’Kelly, administrateur apostolique de l’archidiocèse d’Adélaïde, s’est dit heureux de cette nouvelle. “Nous sommes très satisfaits du résultat et attendons la nomination d’un nouvel archevêque d’Adélaïde. Mgr Wilson, qui a démissionné le 30 juillet, aura maintenant l’occasion de récupérer et de reprendre des forces après cette épreuve.”

L’accusateur de Phillip Wilson a admis la décision judiciaire: “Nous avons toujours su qu’il s’agirait d’un cas très difficile à prouver. Un cas qui n’avait jamais été testé auparavant, mais nous devons être très fiers de ce que nous avons pu réaliser et de ce que nous avons mis en évidence. C’était comme un match de tennis, on a gagné la première manche, ils ont gagné la deuxième et il n’y aura pas de troisième manche”, a-t-il déclaré à la presse australienne.

Des faits remontant au débuts des années 1970

Les accusations reposaient sur les déclarations d’un ancien enfant de chœur. Il affirmait s’être rendu à deux reprises, en 1976, auprès du Père Philip Wilson, pour lui dire que quatre ans auparavant, il avait été abusé par un autre prêtre, James Fletcher. Philipp Wilson ne l’aurait pas cru et n’aurait pas dénoncé son confrère. Le Père Jim Fletcher, finalement condamné en 2004 pour neuf chefs d’accusation d’abus sexuels sur mineurs, est mort en prison en 2006.

Le tribunal local de Newcastle avait condamné Mgr Wilson en mai dernier à douze mois de prison avec sursis dont six mois de détention à domicile.

Le juge dénonce l’influence des médias

Le juge Roy Ellis, du tribunal de district de Newcastle, a annulé cette condamnation le 6 décembre, estimant que le procureur n’avait pas réussi à prouver, hors de tout doute raisonnable, que Philipp Wilson n’avait pas signalé les abus commis par le Père Fletcher.

Le juge a également dénoncé une influence indue des médias sur l’affaire:”La forte présence des médias peut être perçue comme une pression pour qu’un tribunal parvienne à une conclusion qui semble conforme à l’orientation de l’opinion publique, plutôt qu’à la règle de droit qui exige qu’un tribunal rende une justice individuelle.”

Il a ajouté que Mgr Wilson ne pouvait pas être condamné simplement parce que “l’Église catholique a beaucoup de comptes à rendre en ce qui concerne son approche historique d’auto-protection” face aux abus sexuels commis par des clercs. “Ce n’est pas à moi de punir l’Église catholique pour ses déficits moraux institutionnels, ni de punir Philip Wilson pour les péchés du défunt James Fletcher en le déclarant coupable, simplement parce qu’il est prêtre catholique”, a expliqué le juge.

Cette affaire prend une résonnance particulière au moment où une restriction judiciaire d’un tribunal de l’Etat de Victoria impose le silence à tous les médias, sous peine de forte poursuites, sur le procès auquel est confronté le cardinal George Pell pour abus sexuels sur mineurs. (cath.ch/mp)


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