Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa | © Jacques Berset
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Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa | © Jacques Berset

Congo RDC: Les évêques dénoncent la "campagne d’intoxication" du pouvoir

12.01.2018 par Ibrahima Cissé, correspondant de cath.ch en Afrique

Les évêques de la République Démocratique du Congo (RDC) ont dénoncé le 12 janvier 2018 la “campagne d’intoxication, de désinformation voire de diffamation” orchestrée par des responsables du gouvernement de Kinshasa contre l’Eglise catholique et sa hiérarchie.

“Le peuple congolais en est témoin. C’est inacceptable !”, écrit la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Cette “campagne de mépris” vise particulièrement l’autorité de du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. L’archevêque de Kinshasa est dénoncé comme “l’instigateur des actions visant à déstabiliser les institutions en place et à vouloir s’emparer du pouvoir”.

La CENCO dénonce “la diabolisation” de Mgr Monsengwo

La CENCO dénonce “la diabolisation volontairement distillée à l’endroit du cardinal, “membre du Conseil des neuf cardinaux choisis par le pape François pour le gouvernement de l’Eglise universelle”. Elle lui réaffirme son soutien total et sa proximité et exige des preuves concernant les graves accusations portées contre sa personne.

Les évêques de RDC dénoncent “toute tentative de division de l’épiscopat congolais à des fins politiciennes”.

Le cardinal avait dénoncé l’intervention disproportionnée de la police et la “barbarie” des forces de sécurité, qui avaient, selon les Nations Unies, abattu par balles, le 31 décembre dernier, cinq participants à une manifestation en faveur de la démocratie. Il avait déploré que ces victimes aient été tuées “lors de la marche pacifique et non violente organisée par le Comité Laïc de Coordination (CLC), dans le but de réclamer l’application réelle de l’Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement”.

L’Eglise accusée de favoriser la violence

Pour la “Majorité présidentielle”, ces propos du cardinal sont “injustes et injurieux”.  “Certains représentants de l’Eglise sortent ici de leur rôle”, a estimé Alain André Atundu, son porte-parole. Il a affirmé que les propos de Mgr Monsengwo donnent “malheureusement à penser que l’Eglise quitte son rôle d’être au milieu du village pour prendre fait et cause avec les adeptes de la prise de pouvoir par la violence de la rue et en dehors des moyens démocratiques”.

“C’est le rôle de l’église d’être au milieu du village, de ne pas prendre fait et cause. Or ici, l’Eglise s’est substituée à l’opposition qui est en naufrage, en lui offrant une perche de sauvetage par cette marche qui vient opportunément donner du poil de la bête à l’opposition politique radicalisée, il faut le dire”, a lancé André Atundu. La CENCO a fermement dénoncé ces paroles offensantes. (cath.ch/ibc/be)


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