55% de la population malaisienne est musulmane (Photo:Isuann L./Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
International
55% de la population malaisienne est musulmane (Photo:Isuann L./Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

Les conversions 'unilatérales' désormais interdites en Malaisie

13.02.2018 par Maurice Page

La Haute Cour de justice de Malaisie a statué, le 29 janvier 2018, que les conversions ‘unilatérales’, c’est à dire le changement du statut religieux d’un enfant par seulement un de ses deux parents, sont illégales. Un avis qui devrait faire jurisprudence dans le pays.

Le cas concernait une femme dont le mari avait choisi en 2009 de se convertir à l’islam afin d’obtenir la garde de leurs enfants après leur divorce. L’ex-mari avait converti à l’islam ses trois enfants seulement trois semaines après s’être lui-même converti. Le tribunal islamique lui avait alors accordé la garde des enfants, peu après leur conversion.

La mère s’est alors lancée dans une longue bataille judiciaire pour reprendre ses enfants. En 2013, la Haute Cour de justice avait considéré que la conversion unilatérale des enfants par son ex-mari était contraire aux normes internationales, et que le droit civil était supérieur au tribunal islamique. En 2014, la femme avait obtenu une ordonnance du tribunal forçant la police à trouver son ex-mari pour qu’il lui rende les enfants. Mais le chef de la police nationale, Khalid Abu Bakar, évoquant des conflits juridictionnels entre les tribunaux civil et islamique, avait refusé de se soumettre à cette décision. L’affaire a finalement été jugée en appel par la Haute Cour de justice de Malaisie.

Une décision qui devrait faire jurisprudence

La décision de la Cour sur les conversions d’enfants pourrait mettre fin à la pratique des autorités islamiques tendant à accorder systématiquement la garde des enfants au parent musulman. Par la même occasion, les juges ont tranché pour affirmer que la loi civile et les décisions des tribunaux civils l’emportent toujours sur la loi islamique et les sentences des juridictions musulmanes.

L’avocate de la femme, également membre du parlement malais, a expliqué que la Haute Cour a finalement fait ce que le parlement n’avait pas eu le courage de faire. Le gouvernement avait annoncé en effet, l’année dernière, l’interdiction des conversions ‘unilatérales’, avant de se rétracter, la population de Malaisie étant majoritairement musulmane.

La constitution malaisienne dispose que l’islam est la religion de la Fédération. Mais de fait les musulmans ne constituent que 55% de la population. La communauté chinoise pratique le bouddhisme (17%) et le taoïsme (10%). Les Indiens sont pour la plupart hindous (8%). Les chrétiens forment 8% de la population. On compte encore 2% d’autres ethnies minoritaires. Bien que les non-musulmans aient en théorie droit à la liberté de religion, ils restent victimes de restrictions dans la pratique de leurs cultes et leurs activités missionnaires. (cath.ch/eda/ucanews/mp)


Pascal Gemperli, ancien président de l'Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM) (Photo:Jean-Christophe Bott/Keystone)

«L’islam est une religion suisse», estime Pascal Gemperli

La Grande mosquée de Toulouse est au centre d'une polémique (capture d'écran Google Streetview)

France: polémique après les propos "antisémites" d'un imam algérien

Actualités ›