L’homosexualité d’un pasteur: pas un motif de refus d’embauche
France: Les Eglises luthériennes et réformées ne béniront pas les couples homosexuels
Paris, 25 octobre 2002 (APIC) Les Eglises protestantes françaises, luthériennes et réformées, sont opposées à la bénédiction de couples homosexuels. Dans un communiqué commun, elles précisent que leur position s’explique non «par condamnation morale mais par refus d’ériger des situations particulières en modèle d’identification». Elles précisent en outre que l’homosexualité d’un pasteur ne peut être un motif de refus d’embauche.
Le conseil permanent des Eglises luthériennes et réformées françaises, qui regroupe les deux principaux courants du protestantisme dans l’hexagone, fixe aussi une ligne de conduite vis-à-vis des pasteurs homosexuels: «l’orientation sexuelle» ne peut être un motif de refus d’embauche mais le pasteur doit garder à son homosexualité un «caractère privé».
Le «document de travail» des deux communautés, appelé «Eglise et homosexualité», devrait servir de point de départ à une consultation des communautés locales, avant que les Eglises n’arrêteront une position définitive sur la question.
Les rédacteurs du texte présenté sont partis d’une triple analyse biblique, psychanalytique et psychosociologique, pour proposer trois orientations: accueil «inconditionnel» des personnes homosexuelles, refus de cérémonies de bénédiction des couples homosexuels, recommandation de discrétion aux pasteurs homosexuels. «Il faut être clair sur la limite de l’acceptable: par exemple un pasteur qui ne saurait garder à son homosexualité son caractère privé, ou qui en ferait une militance publique aurait dépassé cette limite».
S’agissant de la demande de bénédiction de couples homosexuels, les deux Eglises estiment que l’Eglise risquerait, en l’acceptant, de «contribuer, bien malgré elle, à la confusion actuelle qui voudrait faire croire que tout se vaut et s’équivaut». Pour les auteurs du document, «La question n’est pas de savoir si un couple homosexuel est capable de s’aimer vraiment et de s’engager dans la durée. La question n’est pas ici du côté de l’Amour, mais du côté de la Loi (…) c’est-à-dire de la distinction et de la symbolique sociale qu’elle porte». (apic/ag/pr)




