Une assemblée interreligieuse a rendu hommage aux victimes de Christchurch à la mosquée de Genève | © R.Zbinden
Suisse
Une assemblée interreligieuse a rendu hommage aux victimes de Christchurch à la mosquée de Genève | © R.Zbinden

Genève: solidarité interreligieuse pour les victimes musulmanes de Christchurch

27.03.2019 par Raphaël Zbinden

Une huitantaine de personnes ont rendu hommage, le 26 mars 2019, à la mosquée du Petit-Saconnex à Genève, aux victimes de l’attentat anti-musulman de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Des intervenants des principales religions de Suisse ont condamné tout forme de violence faite au nom de Dieu.

La voix de David Walker, chargé d’affaires de la Nouvelle-Zélande à Genève, se casse lorsqu’il évoque cette petite fille de onze ans qui a déposé devant la mission diplomatique 50 roses blanches, une pour chaque victime des attaques terroristes de Christchurch. Le 15 mars 2019, un extrémiste de droite australien a pénétré dans deux mosquées de cette ville du centre de la Nouvelle-Zélande, et a tiré pendant près de 20 minutes à l’arme automatique sur les fidèles avant d’être maîtrisé par la police.

Hommage au-delà des appartenances

Un choc immense pour ce petit pays de 5 millions d’habitants où règne une grande multiculturalité et une paix sociale rarement troublée. L’onde de choc a également été intense dans la communauté musulmane mondiale et en Occident.

Le rabbin François Garaï (g.) et Hafid Ouardiri ont prononcé ensemble l’Appel spirituel de Genève | © R.Zbinden

Face au déferlement multilatéral de haine et de violence, les trois organisations de la Plateforme interreligieuse de Genève, l’Appel spirituel de Genève et la Mosquée du Petit-Saconnex, ont voulu donner à la population genevoise l’occasion d’exprimer sa solidarité. La cérémonie de recueillement était ainsi dédiée à toutes les victimes du terrorisme, quelles que soient leurs appartenances, précise à cath.ch Hafid Ouardiri, vice-président de la Plateforme interreligieuse et cheville ouvrière de l’événement. La soirée a vu défiler à la tribune une dizaine de représentants religieux et civils, dans des interventions entrecoupées de minutes de silence.

La violence au nom de Dieu, un “blasphème”

Des versets du Coran récités en arabe par une jeune femme ont tout d’abord rappelé l’importance pour l’islam de la diversité et de la paix, notamment: “Ô gens! Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme, Nous vous avons réparti en peuples et en tribus, afin que vous vous entre-connaissiez […]” (S.43 v.13) Sur cette lancée, Fahad Sefyan, directeur de la Fondation culturelle islamique de Genève a réaffirmé que tous les actes de terrorisme, d’où qu’ils viennent, doivent être condamnés. Et que la lutte contre ce fléau doit être commune.

Claire Regad, de l’Eglise catholique romaine à Genève a rappelé la solidarité catholique | © R.Zbinden

Eric Ackermann, membre de la communauté israélite de Genève et président de la Plateforme interreligieuse, a martelé que le fait d’utiliser le nom de Dieu pour justifier la violence constituait un blasphème pour toutes les religions.

Juifs, chrétiens et musulmans ensemble contre la haine

Du côté chrétien, Emmanuel Fuchs, de l’Eglise protestante de Genève (EPG), a assuré que “face à la brutalité du mal, nous sommes tous frères et sœurs”. Claire Regad, déléguée de l’Eglise catholique romaine de Genève pour la Plateforme interreligieuse, a exprimé la pleine solidarité et communion des fidèles avec la communauté musulmane. Elle a exhorté à “renforcer la fraternité des hommes et des femmes de bonne volonté afin que la haine et la violence soit remplacées par l’amour et la paix”.

Un moment fort a été la prononciation conjointe de l’Appel spirituel de Genève par deux de ses membres: Hafid Ouardiri et le rabbin genevois François Garaï. Le texte a condamné une nouvelle fois l’utilisation d’une quelconque force spirituelle pour justifier la violence.

David Walker, chargé d’affaires pour la Nouvelle-Zélande à Genève a remercié la solidarité internationale | © R.Zbinden

La nécessité du dialogue interreligieux a été réaffirmée par la lecture d’un passage du document “pour la paix mondiale et la coexistence commune”, signé en février 2019 à Abou Dabi (Emirats arabes unis) par le pape François et le grand imam de l’Université d’Al-Azhar, Ahmed El-Tayeb.

“Nous sommes des êtres de rencontre…”

Après les représentants religieux, la parole a été donnée à des personnalités publiques. David Walker, de la mission néozélandaise, a affirmé que ces attentats ne réussiraient pas à changer la tradition d’ouverture et de ‘vivre ensemble’ du pays. Et que la petite nation était à présent “avertie” contre les extrémistes et les semeurs de haine.

La soirée a été conclue par une citation de la pasteure et théologienne suisse Francine Carrillo: “Nous sommes des êtres de rencontre, créés pour la relation, bâtis dès l’origine en ‘je’ et en ‘tu’, inspirés par cet entre-deux qui n’en finit pas de nous questionner.” (cath.ch/rz)


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