Romilda Ferrauto intervient lorws des Journées François de Sales. (Photo: B. Hallet)
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Romilda Ferrauto intervient lorws des Journées François de Sales. (Photo: B. Hallet)

Les gens qui n'aiment pas le pape François

27.01.2017 par Maurice Page, à Annecy

Même s’il bénéficie d’une popularité incontestée et incontestable, le pape François n’a pas que des amis dans l’Eglise et à Rome. Romilda Ferrauto, ancienne rédactrice en chef à Radio Vatican, dresse le portrait de ceux qui n’aiment pas François. Leur nombre irait grandissant.

Devant les journalistes de la presse catholique, réunis pour les journées François de Sales, à Annecy, le 26 janvier 2017, Romilda Ferrauto, forte de ses vingt ans à la tête de la rédaction francophone de Radio Vatican, refuse la simple opposition entre progressistes, du côté du pape, et conservateurs hostiles. La situation est plus complexe.

Le pape est ‘fourbe’

Sous l’angle de la communication, les ‘ennemis’ du pape François se classent en trois catégories, juge la journaliste romaine. Le premier groupe estime que le pape argentin n’est pas sincère et qu’il mène une opération de séduction bien orchestrée. Ils voient une contradiction entre la bonhomie affichée et sa personnalité à leurs yeux plutôt sévère et autoritaire, voire intransigeante. Ce groupe d’opposants se plaint du peu de considération de François pour le clergé et le personnel de la curie. La réforme avec ses changements de postes passe mal. Ces critiques s’étonnent aussi du changement de style entre l’archevêque de Buenos Aires et le pape de Rome.

Le pape est sincère et spontané, mais …

La deuxième catégorie rassemble ceux qui pensent que le pape François est sincère et spontané, mais que son attitude crée la confusion parmi les croyants et sème le trouble. Ils jugent que le pontife favorise l’image au détriment du fond et que l’Eglise passe ainsi à côté de l’essentiel. Selon eux, la meilleure preuve serait que les églises ne sont pas plus remplies qu’auparavant, reléve Romilda Ferrauto.

Le pape est un mondialiste

Enfin, il y a ceux qui n’aiment pas le pape François “et puis c’est tout”. En poussant un peu l’analyse, on comprend qu’ils opposent à la vision large de la fraternité du pape, la recherche d’une identité catholique plus forte et mieux affirmée, note Romilda Ferrauto. Ils se sentent lâchés par ce pape, alors qu’ils attendaient un soutien face à une société où ils sont en minorité. En ramenant des familles de réfugiés musulmans de sa visite à Lesbos, le pape François aurait affiché son mépris des chrétiens d’Orient persécutés. Les mêmes, qui dénoncent le relativisme, reprochent à Radio Vatican d’être trop neutre, pas assez militante, relève l’ancienne rédactrice en chef.

Quant à la réforme des médias du Vatican, lancée par Benoît XVI, elle risque de provoquer trop de centralisation et trop de pape…

Le pape des gestes

Les images négatives décrites et analysées par Romilda Ferrauto ne correspondent en rien à l’expérience d’Antoine-Marie Izoard. Pour l’ancien directeur de l’agence de presse I.Media. à Rome, François est le pape des gestes et sa communication touche parce qu’elle est vraie. Il sait ce qu’il fait et ses gestes sont parfaitement cohérents avec son discours.  Le geste accompli le soir de son élection, quand il demande à la foule réunie sur la place Saint-Pierre de le bénir et de prier pour lui, vaut toutes les paroles. (cath.ch/mp)


Le pape François, lors de la prière de l'Angélus (© flickr/catholicism/CC BY-NC-SA 2.0)

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