«Irma la Douce» parmi les bienheureux

Brésil: Irma Dulce, «l’ange bon de Bahia», sera béatifiée le 22 mai

Salvador de Bahia, 21 mai 2011 (Apic) La cérémonie de béatification de Irma Dulce (Sœur Douce), connue comme «l’ange bon de Bahia», aura lieu le 22 mai 2011, à Salvador de Bahia (Brésil). La religieuse a dédié sa vie aux pauvres et aux malades.

Maria Rita de Souza Brito Lopes Pontes naît le 26 mai 1914, à Salvador de Bahia. Elle entre en 1932, à l’âge de 18 ans, dans la Congrégation des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée Conception, dans l’Etat du Sergipe, au nord-est du pays. En septembre 1935, celle qui s’appelle désormais Irma Dulce vient travailler comme infirmière, au sein de l’hôpital Espagnol de Salvador.

Marquée par la pauvreté de la population, la religieuse décide de créer un système d’assistance aux communautés les plus nécessiteuses, notamment dans le quartier d’Alagados (littéralement les «inondés»), un bidonville composé de baraques sur pilotis construites sur une vaste marre d’eau stagnante. Son dévouement lui vaut déjà le surnom de «Ange d’Alagados». Mais ce n’est là que le début d’une œuvre qui va englober santé, travail social et éducation.

Pressentie pour le prix Nobel

«Malgré une santé et un physique fragiles, et à l’image de Mère Téresa de Calcuta, Irma Dulce a accompli un énorme travail pour aider les plus pauvres. Elle a développé une immense œuvre sociale, à Bahia, qu’elle a géré avec énergie et dévouement jusqu’au dernier jour de son existence, le 13 mars 1992, à l’âge de 77 ans», raconte Mgr Murilo Krieger, archevêque et cardinal primat de Salvador.

C’est d’ailleurs ce dernier qui célèbrera, le 22 mai, la cérémonie de béatification, au Parc des Expositions de Salavador de Bahia, où sont attendues, outre les autorités civiles et religieuses de la ville, plus de 70’000 personnes venues de tout le pays. Un hommage attendu avec émotion par toute une population, à cette religieuse qui a été pressentie pour le prix Nobel de la Paix, en 1988, et qui a reçu la visite du Pape Jean Paul II, peu avant de mourir.

Le processus de béatification de la religieuse brésilienne a commencé en 1999. Quatre ans plus tard, en 2003, dix médecins brésiliens et trois italiens ont évoqué un «cas extraordinaire de guérison», reconnu à l’unanimité comme un «miracle» par la Congrégation pour les causes des saints. Le miracle en question est intervenu en 2001, dans l’Etat du Sergipe, lorsque Claudia Santos de Aurojo, une dévote de Irma Dulce, a fait une grave hémorragie durant son accouchement et est restée quelques heures dans le coma. Une situation si critique que les médecins n’accordaient à Claudia que quelques heures à vivre.

Un religieux, ami de la patiente et connaissant la foi de cette dernière pour Irma Dulce, a prié sans relâche pour sa santé. En quelques heures seulement, la malade avait complètement récupéré et quittait l’hôpital, deux jours plus tard, sans que les médecins aient pu donner d’explications scientifiques à ce rétablissement spectaculaire.

Irma Dulce a été déclarée «vénérable» en 2009. Son corps a été exhumé en 2008 pour être transféré à la Cathédrale de Salvador. Un corps retrouvé intact et qui s’était momifié naturellement, 16 ans après sa mort. De quoi convaincre l’Eglise qu’il s’agissait là d’un signe de sainteté.

Oeuvre sociale marquante

Au-delà du personnage, c’est pourtant bien l’œuvre sociale de «l’ange bon de Bahia» qui demeure la plus marquante dans le cœur des Brésiliens. Un réseau d’hôpitaux et de centres de soins médicaux de très bonne réputation, réservés aux plus démunis, et plusieurs centres d’aide sociale, dans un pays où le système de santé publique est exsangue.

L’héritage est conséquent, car ce sont aujourd’hui plus de 5 millions de personnes qui sont accueillies par an. Plusieurs milliers d’entre elles se retrouveront sans nul doute au sein du public qui assistera à la cérémonie de béatification. Une cérémonie à laquelle participera également la «miraculée» Claudia Santos de Aurojo. Celle-ci présentera en préambule une pièce de théâtre évoquant les principaux moments de la vie d’Irma Dulce.

La pièce sera interprétée par les enfants des écoles créées par la religieuse, dans les quartiers difficiles de la ville. Un autre miracle de «l’ange bon de Bahia». (apic/jg/nd)

21 mai 2011 | 11:01
par webmaster@kath.ch
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