Il avait refusé des obsèques à un boss de la mafia de Gela

Italie: L’évêque de Piazza Armerina, en Sicile, menacé de mort

Piazza Armerina, 12 février 2008 (Apic) L’évêque de Piazza Armerina, au centre de la Sicile, a été menacé de mort pour avoir refusé de célébrer dans sa cathédrale les obsèques d’un boss de la mafia. Daniele Emanuello a été tué par des policiers le 3 décembre dernier dans la commune de Villarosa, dans la région d’Enna, alors qu’il tentait de s’enfuir après des années de clandestinité. Le maire de Piazza Armerina, Maurizio Prestifilippo, a exprimé mardi 12 février sa solidarité et celle de ses concitoyens envers Mgr Michele Pennisi, désormais sous escorte policière.

Des sympathisants du boss mafieux ont fait circuler des tracts menaçant et insultant le prélat. Mgr Pennisi se dit serein, estimant qu’il a agi «conformément au bien, en cohérence avec son devoir de pasteur». Son action contre l’illégalité est en accord avec la ligne de l’Eglise italienne, exprimée récemment par le cardinal Bagnasco lors de la dernière assemblée du Conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne (CEI). La récente assemblée de la Conférence épiscopale sicilienne a pris la même position.

L’évêque de Piazza Armerina rappelle que son diocèse fait partie des promoteurs de «l’Association anti-racket et anti-usure» de la province d’Enna fondée en 2002. Il a signé une convention avec la Fondation contre l’usure «Padre Pino Puglisi» (du nom d’un prêtre sicilien de Palerme assassiné par la mafia le 15 septembre 1993) de Messine. Il souligne l’incompatibilité de la mafia avec la vie chrétienne et la nécessité de se convertir.

Répondant aux reproches de la famille du criminel, qui voulait qu’il soit enterré dans la cathédrale, Mgr Pennisi a relevé qu’il a fourni l’assistance spirituelle nécessaire aux membres de la famille de Daniele Emanuello en faisant célébrer les obsèques dans la chapelle du cimetière par un Père franciscain.

Le maire Maurizio Prestifilippo a salué l’engagement en première ligne de l’Eglise face à la «malavita» (la mauvaise vie), soulignant que l’évêque visé par la mafia a engagé une bataille morale contre elle. Il lui garantit sa solidarité «totale et inconditionnelle». (apic/com/be)

12 février 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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