Pas que les étrangers hélas, déplorent des responsables d’Eglises

Kenya: Tourisme sexuel – 15’000 adolescentes ont eu un rapport sexuel payant

Nairobi, 21 décembre Les responsables d’Eglise du Kenya ont appelé à l’action suite à la publication d’un rapport indiquant que le tourisme sexuel et l’exploitation des enfants avaient atteint des proportions alarmantes sur la côte de ce pays d’Afrique de l’Est, où des milliers de touristes kenyans et étrangers viennent fêter Noël et le Nouvel an.

Le tourisme sexuel touche les enfants du Kenya. Suite au rapport d’UNICEF sur le sujet, le père Maloba Wesonga, secrétaire administratif de l’Eglise catholique romaine à Nairobi réagit: «Nous exhortons tous les organes du gouvernement à se montrer plus vigilants. Ce n’est pas un problème qui concerne uniquement la côte, mais le pays tout entier.»

L’UNICEF a publié récemment un rapport indiquant que, dans quatre districts de la côte kenyane, 30 % des jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, soit un total de 15’000, ont eu des rapports sexuels en échange d’argent. Par ailleurs, le rapport indique que 2’000 à 3’000 filles et garçons avaient une activité sexuelle régulière rémunérée, certains d’entre eux devant réaliser des actes «des plus horrifiants et anormaux».

L’évêque anglican de Mombasa pour sa part est également choqué. «Il a affirmé au correspondant de l’agence oecuménique ENI basée à Genève, Julius Kalu, le 19 décembre: «Nous savions que des abus impliquant des jeunes filles et des garçons avaient lieu sur les plages, mais nous en ignorions l’ampleur.»

Le rapport intitulé «The Extent and Effect of Sex Tourism and Sexual Exploitation of Children on the Kenyan Coast» (Etendue et conséquences du tourisme sexuel et de l’exploitation des enfants sur la côte kenyane), a été réalisé par l’UNICEF et le gouvernement kenyan sur demande du vice-président Moody Awori.

Le vice-président a déclaré au vu des résultats: «Il est difficile d’admettre publiquement que ces faits sont réels, mais la vérité doit sortir si nous voulons sauver nos enfants». «Chacun doit savoir que l’exploitation sexuelle des enfants est un crime. La loi s’applique à tout le monde, y compris aux touristes.»

Les Kenyans eux-mêmes .

Le représentant de l’UNICEF au Kenya Heimo Laakkonen, a affirmé que bien que l’exploitation sexuelle des enfants soit alimentée par le tourisme, il est choquant de constater que ce sont les Kenyans qui commettent le plus d’abus». D’après l’enquête de l’agence de l’ONU publiée mardi, les Kenyans constituent 38% des clients. Parmi les touristes étrangers incriminés, les Italiens viennent au second rang avec 18%, devant les Allemands (14%) et les Suisses (12%). Les Ougandais, les Tanzaniens, les Anglais et les Saoudiens suivent. Routes les nationalité étant mentionnées dans le rapport.

«Nous sommes confrontés à un problème monumental, mais il y a de l’espoir,» a déclaré Heimo Laakkonen. «Nous devons élaborer des programmes visant à promouvoir un tourisme responsable.» (apic/eni/ag/vb)

21 décembre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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