Suisse

La Vallée du Rhône a un sacré patrimoine

Faire (re)découvrir le patrimoine religieux qui longe le Chemin de Compostelle empruntant la partie suisse de la Vallée du Rhône. Tel est le motif du livre «Rhin-Reuss-Rhône, le patrimoine sacré, du couvent de Disentis à l’abbaye de Saint-Maurice», de Peter Salzmann et Thomas Andenmatten, sorti en version française en avril 2019 aux éditions Slatkine à Genève.

L’originale église à nef circulaire de Saas-Balen, la vertigineuse Notre-Dame-des-Rocs-Pointus à Gampel, ou encore la bucolique chapelle de Mauvoisin. Ce ne sont là que quelques unes des richesses architecturales que l’on peut admirer sur l’itinéraire Rhin-Reuss-Rhône du Chemin de Saint-Jacques. «Il était d’un grand intérêt de rassembler dans un livre un patrimoine religieux extrêmement riche et parfois méconnu de cette partie des Alpes», explique Peter Salzmann à cath.ch.

Le natif de Viège, dans le Haut-Valais, a mis trois ans à réaliser le guide touristique «Rhin-Reuss-Rhône». Cet accompagnateur de moyenne montagne né en 1962 a répertorié des dizaines de lieux en treize étapes sur une distance de 240 kilomètres, des Grisons au Valais en passant par le canton d’Uri.

Ermitages et ossuaires

En 2009, il avait déjà réalisé un livre sur la route du lac de Thoune au Mont Sacré de Varallo, en Italie. Depuis, le guide possédant une formation en marketing est devenu une référence en termes de patrimoine religieux et touristique en Suisse. C’est ainsi que la Promotion économique du Haut-Valais, soucieuse de renforcer le tourisme religieux dans la région, lui propose la réalisation d’un ouvrage sur le sujet.

L’église romane de Saint-Pierre de Clages (VS) remonte au Xe siècle | service de presse Thomas Andenmatten

Le passionné de culture et de nature tombe sur des recherches de 2007 mettant en lumière des signes historiques d’un itinéraire de Saint-Jacques à travers le Valais. En approfondissant le dossier, il identifie treize étapes certainement utilisées par les pèlerins au Moyen Age. De Disentis à Martigny, il recense donc les «haut lieux» du patrimoine religieux, tel l’abbaye de Saint-Maurice, l’ermitage de Longeborgne, ou encore l’hospice du Saint-Gothard. Le livre mentionne également des curiosités locales moins connues, telles le cimetière des célibataires de Grengiols ou l’ossuaire de Loèche.

Un travail de passionnés

Un ouvrage richement illustré par les photos de Thomas Andenmatten et agrémenté de multiples anecdotes et informations historiques sur les divers lieux traversés. Un travail de passionnés qui doit également beaucoup au bénévolat. Peter Salzmann note ainsi l’apport notable de cinq bénévoles du Valais francophones, qui ont œuvré à la traduction de «Rhin-Reuss-Rhône», originellement rédigé en allemand.

Un livre certes plus touristique que religieux, mais qui peut certainement inspirer autant les chercheurs de Dieu que les amateurs de belles pierres. L’auteur, lui-même non croyant, explique que la découverte du patrimoine était sa principale motivation. Il salue cependant le somptueux héritage que le christianisme a laissé dans la région au fil des siècles. (cath.ch/rz)

L'église fortifiée de Valère domine la ville de Sion | service de presse Thomas Andenmatten
31 mai 2019 | 17:00
par Raphaël Zbinden
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