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L'Australie veut supprimer le secret de la confession pour les cas d'abus sexuels

Le gouvernement de l’Etat australien de Tasmanie a présenté un projet de loi visant à contraindre les prêtres à dénoncer les abus sexuels révélés dans le cadre du sacrement de confession, sous peine de prison.

La proposition de la Tasmanie s’inscrit dans le cadre de la volonté des autorités australiennes de rendre obligatoire la rupture du secret professionnel pour signaler les cas d’abus sexuels sur mineurs. Cette mesure figure parmi les 409 recommandations de la Commission royale d’enquête publiées en décembre 2017.

La Commission recommande à tous les États que leurs lois, régissant le signalement des cas de maltraitance d’enfants, ne devraient pas exempter les personnes exerçant un ministère religieux de l’obligation de signaler la connaissance ou les soupçons formés sur la base d’informations divulguées au confessionnal.

La conférence des évêques catholiques d’Australie a répondu positivement à presque toutes les recommandations de la Commission royale, mais elle a défendu le secret de la confession. Mgr Julian Porteous, archevêque, de Hobart, a fait valoir que, de fait, les auteurs d’abus sexuels ne font que rarement des aveux en confession et que si les prêtres étaient tenus de déclarer les cas, les coupables ne se confesseraient certainement pas.

Un secret absolu

Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne que «tout prêtre qui entend des confessions est obligé de garder le secret absolu au sujet des péchés que ses pénitents lui ont confessés», en raison de la «délicatesse et de la grandeur de ce ministère et du respect dû aux personnes» (No 1467). Le code de Droit Canonique stipule que «le confesseur qui viole directement le secret sacramentel encourt l’excommunication latae sententiae (automatique ndlr)» (art 1388).

Les clercs ne sont pas les seuls à critiquer la nouvelle loi. Andrew Wall, membre de l’Assemblée législative du Territoire de la capitale australienne, a déclaré que le fait de forcer les prêtres à briser le sceau de la confession viole la liberté d’association, la liberté d’expression et les droits religieux des individus. (cath.ch/cna/mp)

La confession est entourée de règles très rigoureuses dans l'Eglise catholique
4 octobre 2018 | 16:23
par Maurice Page
Abus sexuels (562) , confession (36) , secret (5)
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