La violence liée à la terre ravage l'Amazonie (Photo:Jean-Claude Gerez)
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La violence liée à la terre ravage l'Amazonie (Photo:Jean-Claude Gerez)

Le CIMI appelle le candidat Bolsonaro au respect de la Constitution brésilienne

25.10.2018 par Jean-Claude Gerez, correspondant de cath.ch en Amérique latine

Le Conseil Indigéniste missionnaire (CIMI) du Brésil a critiqué les déclarations du candidat Jair Bolsonaro sur sa volonté d’exploiter les ressources naturelles en Amazonie, en particulier sur les terres des peuples indigènes. “Le respect des terres indigènes est inscrit noir sur blanc dans la Constitution”, rappelle-t-il.

La vidéo est devenue virale sur le réseau whatsapp. Le 17 octobre Bolsonaro, candidat du Parti Social Libéral (PSL), favori pour le second tour de l’élection présidentielle brésilienne du 28 octobre, s’en prend avec violence à l’Église catholique en traitant le Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) et le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI) de “partie pourrie de l’Eglise catholique”.

Dans cette même vidéo, le candidat d’extrême droite défend l’exploitation des ressources naturelles de l’Amazonie par des multinationales étrangères. Ce qui, selon les spécialistes, représente un fort risque de catastrophe environnementale aux dimensions imprévisibles. “Nous disposons d’un territoire particulièrement attractif pour les industries, a t il affirmé. Non seulement en terme de biodiversité mais aussi en ressources naturelles minérales”.

Le ‘scandale’ des terres indigènes

Mais pour Bolsonaro, un des principaux ‘obstacles’ qui empêche l’exploitation de ces richesses est que ces dernières se trouvent sur des terres indigènes, reconnues et protégées par les lois brésiliennes. La démarcation des terres indigènes représente dès lors un ‘scandale’ qui porte préjudice à plusieurs de ses puissants soutiens, les grands propriétaires terriens.

Le candidat a affirmé qu’il existe “un danger que ces territoires indigènes deviennent des pays indépendants au sein même du Brésil”, provoquant les moqueries de nombreux acteurs de la vie politique brésilienne. Mais les sourires se sont figés lorsque Jair Bolsonaro a souligné que “si cela dépendait de moi, cette politique de démarcation des terres indigènes devrait cesser d’exister (…)”.

Les indiens ont défendu les frontières du Brésil !

“Le respect des terres indigènes est inscrit noir sur blanc dans la Constitution que Bolsonaro a promis de respecter scrupuleusement”, a rétorqué Mgr Roque Paloshi, président du Conseil Indigéniste Missionnaire (CIMI).

Dans un communiqué publié, le 23 octobre, le CIMI a manifesté “sa solidarité avec les peuples indigènes pour les offenses injustes prononcées à leur égard ainsi qu’à l’encontre des membres de la CNBB”. Le CIMI rejette “toute accusation calomnieuse et diffamatoire proféré par le candidat du PSL à l’égard des peuples indigènes”. Le communiqué rappelle qu’il n’existe aucune revendication d’aucune sorte des peuples indigènes pour former des Etats indépendants. Bien au contraire, les peuples indigènes ont participé au cours de l’histoire à des guerres pour la défense des frontières de l’État brésilien.

Des terres inaliénables

En s’appuyant sur plusieurs articles de la Constitution Brésilienne, le CIMI rappelle que toute exploitation de ressources naturelles sur les terres indigènes ne peut être réalisée qu’avec l’autorisation préalable du Congrès National et en accord avec les lois qui précisent que les populations indigènes doivent être préalablement consultées. Le communiqué conclut en rappelant l’article 231 de la Constitution brésilienne qui établit que “les terres traditionnellement occupées par les populations indigènes sont inaliénables.” (cath.ch/jcg/mp)

 


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