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«Les martyrs contribuent à promouvoir la liberté religieuse»

«Les martyrs d’aujourd’hui stimulent le travail de l’Église sur différents fronts», a considéré Mgr Celestino Migliore, nonce apostolique en France, dans une méditation publiée le 25 août 2020 par le Diocèse de la Rochelle et de Saintes. Le diplomate était l’invité d’honneur du pèlerinage de l’île Madame (France) qui commémore chaque année le martyre de plus de 800 prêtres sous la Révolution.

Depuis 1910 autour du 27 août, le diocèse de la Rochelle et Saintes fait mémoire de l’assassinat de 829 prêtres réfractaires au serment constitutionnel exigé par la Convention, déportés sur les pontons de Rochefort pendant la Révolution française. En 1995, le pape Jean Paul II avait ainsi béatifié Jean-Baptiste Souzy et ses 63 compagnons, après la reconnaissance de leur martyre.

«Il y a eu plus de chrétiens martyrisés dans le siècle passé que durant tous les siècles précédents» et la tendance n’est pas en train de diminuer, a relevé Mgr Migliore dans sa méditation. Parce qu’ils offrent «un témoignage contre la négation de la liberté religieuse et une demande pressante aux États de mettre en œuvre des mesures de protection», ces «martyrs d’aujourd’hui stimulent le travail de l’Église sur différents fronts, par exemple, en promouvant la liberté religieuse, l’unité entre les Eglises chrétiennes, l’amitié entre les religions du monde et le pouvoir transformant du pardon en politique», a-t-il considéré.

Il y a 230 ans, un monde nouveau remplaçait la religion et la foi chrétienne par la raison, s’est également attristé le nonce lors d’une messe célébrée le même jour. Selon lui, il existe un «fil rouge» qui unit les révolutionnaires de 1789, ce «régime politique et social qui a commis des atrocités sur tant de martyrs», avec les révolutionnaires de tous les temps: celui de vouloir créer un «homme nouveau», sans limite.

La douceur de Dieu pour combattre le transhumanisme

Avec le transhumanisme, une «révolution invasive et galopante, qui se propose de changer non seulement les conditions de vie, mais l’homme lui-même, à travers la technologie» est en cours, a-t-il dénoncé. Si cette situation peut susciter «consternation, inquiétude et (…) peur vis-à-vis de l’avenir», le diplomate a appelé à ne pas céder au «désarroi» et à emprunter la voie de la «douceur», véritable image du Dieu Créateur.

Le septième jour, lors du récit biblique de la Création, «Dieu repose», c’est-à-dire qu’il «pose une limite à sa toute-puissance (…) pour laisser de l’espace à la liberté de l’homme», a expliqué le prélat. À son image, les chrétiens sont invités à emprunter cette voie, a-t-il considéré, et donc à cesser de se prendre pour Dieu. Alors, les grandes activités humaines comme la politique, l’économie, la finance s’en trouveront modifiées.

La douceur de Dieu «nous amène à poser une limite à notre tendance à nous faire valoir devant les autres, de décider pour les autres, de toujours parler, de vouloir avoir un contrôle absolu de ce qui arrive autour de nous», a poursuivi le diplomate. Une alternative selon lui «efficace à la voie de la violence qui aujourd’hui est souvent retenue comme unique pour porter quelque résultat». (cath.ch/imedia/cg/rz)

Mgr Celestino Migliore est nonce apostolique en France | © Piotr Drabik/Flickr/CC BY 2.0
27 août 2020 | 10:26
par I.MEDIA
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