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Les reliques de Pierre Canisius déposées à la cathédrale Saint-Nicolas

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Les reliques de saint Pierre Canisius ont regagné, le 26 avril 2021, la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg. Le jésuite fondateur du collège St-Michel a retrouvé l’église dans laquelle il avait si souvent prêché. Son bras-reliquaire a rejoint ceux de Nicolas de Myre et Nicolas de Flüe, deux autres saints chers au cœur des Fribourgeois et des Suisses.

Malgré les restrictions liées aux mesures anti-covid, les responsables de l’Eglise, des jésuites, du canton et de la ville avaient tenu à mettre la solennité nécessaire à cette translation. C’est transporté dans un corbillard roulant au pas que le nouveau reliquaire est arrivé de l’église du collège au portail de la cathédrale. Déposé sur un brancard décoré de fleurs, il est entré dans la nef en procession solennelle au son des cloches et du grand orgue, suivi des évêques célébrants.

Les cinquante places disponibles étaient divisées entre les membres du chapitre cathédral, du clergé et les représentants de l’Etat, de la Ville, du Collège St-Michel et de l’Université. Il faut dire que le religieux, dont on célèbre cette année le 500e anniversaire de la naissance, a laissé une empreinte profonde à Fribourg où il a vécu les 17 dernières années de sa vie.

Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies a présidé la célébration, accompagné de Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle, président de la Conférence des évêques suisses, et de Mgr Hermann Glettler, évêque d’Innsbruck, Mgr Peter von Sury, Abbé de Mariastein et président des supérieurs majeurs, du prévôt de la cathédrale Jean-Jacques Martin, des représentants des jésuites ainsi que de nombreux membres du clergé.

Une personnage important de la réforme catholique

Pierre Canisius a été une des personnalités les plus importantes de la réforme catholique en Europe centrale, a relevé dans son homélie Mgr Hermann Glettler, évêque du diocèse d’Innsbruck placé sous le patronage de Pierre Canisius. Il fut un missionnaire infatigable, ne s’épargnant pas lui-même dans un siècle meurtri par les guerres de religion et autres catastrophes.

La messe était présidée par Mgr Ivan Jurkovič, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, au centre. A dr.: Mgr Felix Gmür, évêque de Bâle et le prévôt de la cathédrale Jean-Jacques Martin | © Bernard Hallet

«Nous voulons rendre hommage à cet artisan polyvalent de l’évangélisation durable, non seulement pour la fondation d’innombrables collèges, mais aussi pour le succès de son travail, sa pédagogie, sa pastorale et sa prédication», a noté le prélat. «Mais pour lui rendre justice, nous devons renouveler notre oui personnel à la mission de Dieu. Aujourd’hui.»

L’essentiel est dans la rencontre de Jésus

«Ce n’est pas d’abord en ayant confiance en nos propres forces et compétences – et si nous avions la meilleure formation possible, les meilleures qualifications humano-scientifiques et théologiques, ainsi que les ainsi que le maniement de tous les outils de communication qui sont disponibles aujourd’hui. L’essentiel est l’expérience que le Seigneur ressuscité et miséricordieux a d’abord guéri nos propres blessures», a insisté l’évêque. «Ce n’est qu’avec cette «connaissance» que nous pouvons atteindre les cœurs des gens avec la nouveauté surprenante de l’Esprit Saint.»

Avec son catéchisme, Pierre Canisius a créé un nouveau genre de communication de la foi. Dans un temps de confusion des idées et des connaissances d’aujourd’hui, d’informations et des fausses nouvelles, son exemple est un appel clair à être prophétique, à pratiquer le discernement des esprits Peut-être qu’un»Catéchisme des questions» serait utile. Des questions qui surprennent et ouvrent de nouveaux horizons, à partir d’un faux contentement, d’indifférence et de superficialité banale.»

«Ni les disputes inutiles, ni une lenteur paralysante ne doivent priver force et de piquant le témoin du message de vie de Jésus», a conclut l’évêque.

Une place dans la chapelle du Saint-Sépulcre

A l’issue de la célébration eucharistique, le reliquaire a été transporté dans la niche aménagée dans la chapelle du Saint-Sépulcre. Le président du Conseil d’Etat, Jean-François Steiert, et le syndic de la ville de Fribourg, Thierry Steiert, ont redit auparavant l’attachement de la cité à la figure de Pierre Canisius et à l’importance de l’enseignement dont le jésuite fut le porteur.

Les évêques, suivis des fidèles présents à la messe, ont rendu hommage au reliquaire de de saint Pierre Canisius déposé dans la chapelle du Saint-Sépulcre. Ici Mgr Felix Gmür | © Bernard Hallet

Installé entre les deux bras-reliquaires de saint Nicolas de Myre et de saint Nicolas de Flüe, patron de la Suisse, la «main qui écrit» évoque dans un style contemporain dû à l’artiste Frédéric Aeby, l’œuvre d’enseignant de Pierre Canisius.  

Une nouvelle province jésuite d’Europe centrale

Les cérémonies de translation des reliques de Pierre Canisius ont été aussi l’occasion de marquer la création de la nouvelle province des jésuites d’Europe centrale. «À lui, le fondateur d’innombrables écoles et collèges, l’infatigable réformateur de l’Église de son temps, nous demandons aujourd’hui son intercession et sa bénédiction pour nos confrères des 36 communautés d’Autriche, d’Allemagne, de Suisse, de Lituanie, de Lettonie et de Suède et pour tous nos collaborateurs dans la pastorale et les retraites, dans l’éducation et la justice sociale.», a relevé le nouveau provincial le Père Bernhard Bürgler. «Nous fondons une nouvelle Province au-delà des frontières linguistiques et nationales, non seulement parce que nous, les jésuites, sommes de moins en moins nombreux, mais aussi pour que nous puissions accomplir pleinement notre mission.» (cath.ch/mp)

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Les reliques de saint Pierre Canisius sont portées dans la cathédrale Saint-Nicolas | © Bernard Hallet

Pierre Canisius

A l'occasion du 500e anniversaire de sa naissance, Fribourg se remémore la haute figure de saint Pierre Canisius. Hérault de la Contre-Réforme, fondateur du collège St-Michel, le jésuite a eu une influence importante dans la cité des Zaehringen où il a passé les 17 dernières années de sa vie.

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