Scène de rue, à Harar, en Ethiopie. (Photo: Flickr/Ahron de Leeuw/(<a href="https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY 2.0</a>)
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Scène de rue, à Harar, en Ethiopie. (Photo: Flickr/Ahron de Leeuw/(CC BY 2.0)

Liberté pour les défenseurs des droits humains en Ethiopie

16.03.2016 par Maurice Page

L’Ethiopie retient prisonniers depuis un an trois défenseurs des droits humains, dénonce l’alliance internationale «Free Omot», à laquelle participe Pain pour le prochain. Le ministère public n’a jusqu’ici pu apporter aucune preuve devant le tribunal justifiant l’acte d’accusation qu’elle a déposé, souligne l’œuvre d’entraide protestante suisse. En conséquence, elle demande au gouvernement de libérer ces prisonniers politiques.

Il y a près d’un an, à l’aéroport d’Addis Abbeba, la police éthiopienne arrêtait Agwa Okwoy, Ashinie Astin et Jamal Oumar Hojele ainsi que quatre autres personnes. Ces personnes se rendaient à un atelier sur la question du droit à l’alimentation et l’accaparement des terres organisé au Kenya par Pain pour le prochain et ses organisations partenaires Grain et Anywaa Survival Organisation (Aso). Une douzaine d’experts et d’activistes de divers pays y étaient invités.

Conséquences d’une législation draconienne

En septembre 2015, trois des sept Ethiopiens arrêtés ont été inculpés sous couvert d’une loi anti-terroriste draconienne. La participation à l’atelier organisé par Pain pour le prochain figure parmi les chefs d’accusation, considérée comme une activité terroriste. Pour PPP, ces accusations ont pour seul objet de faire taire les voix critiques envers la politique du gouvernement, qui vise à distribuer les terres aux investisseurs étrangers et aux élites locales. A Gambela, la province d’origine de deux des accusés, un million d’hectares de terres (près de deux fois la surface du Valais) a été, ces dernières années, accaparé par des investisseurs nationaux et internationaux.

Pain pour le prochain se mobilise depuis un an au sein d’une alliance internationale, pour dénoncer ces arrestations illégitimes et la procédure qui tire en longueur. L’organisation a récolté des fonds pour venir en aide aux familles des personnes arrêtées. Lors d’un voyage en Ethiopie en automne 2015, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a mentionné l’affaire, restée sans suites jusqu’à présent. (cath.ch-apic/com/mp)


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