Suisse

L'organisation des lesbiennes demande le retrait de la Garde suisse

Suite au décret du Vatican réaffirmant l’illicéité de la bénédiction des unions homosexuelles, l’organisation suisse des lesbiennes (LOS) exige que la Confédération retire la Garde suisse du Vatican. La LOS demande un «message fort» contre la politique «discriminatoire» dont ferait preuve le petit Etat.

La demande de la LOS ne peut être cependant que strictement symbolique. Puisque la Garde pontificale est une institution du Saint Siège et ne dépend en rien de la Confédération helvétique. Le gouvernement suisse n’a aucun moyen de «retirer» ce corps d’armée du Vatican. Même si la Confédération a accordé récemment une contribution de 5 millions de francs pour la rénovation de sa caserne, elle ne finance pas la Garde Suisse, pas plus qu’elle ne gère le recrutement des jeunes Suisses qui sont tous des volontaires.

«L’Église est coutumière de ce type de déclarations discriminatoires», affirme Muriel Waeger, directrice romande de l’association faîtière des organisations gays et lesbiennes, dans le quotidien 24 Heures du 20 mars 2021. L’activiste se réfère au responsum publié par la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) le 15 mars, déclarant notamment que «Dieu ne bénit pas le péché» que représentent les unions homosexuelles. Le texte a provoqué une vague de protestations, également en dehors de l’Eglise. De nombreuses personnalités et associations ont critiqué et regretté la prise de position du Saint-Siège.

En contradiction avec la Constitution suisse?

«Pour une fois, un message fort doit être envoyé», et la Suisse, qui entretient des liens diplomatiques, avec le Vatican, a son rôle à jouer, estime Muriel Waeger. «L’Église doit prendre conscience des conséquences très lourdes de ses propos pour les croyants homosexuels: ils peuvent être à l’origine de thérapies de conversion, de rejet de la part des familles et de suicides.»

Selon la LOS, le fait que la Confédération «finance et envoie des soldats au service d’un pays qui ne garantit pas les mêmes droits à toutes les personnes» et «les discrimine ouvertement» représente une contradiction avec le principe d’égalité inscrit dans la Constitution. «Nous nous inquiétons aussi pour les membres de la Garde, ajoute Muriel Waeger. Nous savons que certains membres sont homosexuels. Nous ne pouvons tolérer que ces soldats, qui ont été formés en Suisse (à Isone au Tessin dans le cadre d’un accord entre le Saint Siège et la Suisse ndlr) doivent subir les discriminations du pays dans lequel on les envoie servir». (cath.ch/24h/arch/rz)

La Garde pontificale est la cible de l'Organisation des Lesbiennes de Suisse (LOS) | © Oliver Sittel
21 mars 2021 | 11:21
par Raphaël Zbinden
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