Mgr Nicolas Antiba, archimandrite de Bosra et Hauran, en Syrie, a remercié les paroissiens de Villars-sur-Glâne (Photo:Christoph von Siebenthal)
International
Mgr Nicolas Antiba, archimandrite de Bosra et Hauran, en Syrie, a remercié les paroissiens de Villars-sur-Glâne (Photo:Christoph von Siebenthal)

Mgr Nicolas Antiba: Pas de "rebelles" en Syrie

10.10.2016 par Raphaël Zbinden

“Il n’y a pas de rebelles”, en Syrie, surtout pas “modérés”, assure Mgr Nicolas Antiba. L’archevêque grec melkite de Bosra et Hauran, au sud-ouest de la Syrie, critique l’agenda des puissances occidentales dans son pays.

L’archimandrite était l’invité d’honneur de la célébration du centenaire de l’église de Villars-sur-Glâne, dans le canton de Fribourg, le 9 octobre 2016. La paroisse syrienne et la paroisse suisse, qui sont toutes deux sous le patronage des saints Pierre et Paul, collaborent dans une démarche de soutien financier et spirituel.

L’archidiocèse de Bosra et Hauran couvre une grande surface, au sud-ouest de la Syrie, s’étendant notamment jusqu’au Golan, occupé par Israël. Mgr Antiba est d’autant plus concerné par le conflit dans son pays qu’il est né un 25 décembre à Alep. La ville est actuellement ravagée par les conflits entre l’armée syrienne et son allié russe et les groupes hostiles au président Assad, cernés dans les quartiers est de la ville. Il a accepté de répondre aux questions de cath.ch.

Quelle est la situation dans votre archidiocèse de Bosra et Hauran?
L’archidiocèse couvre une grande surface, et la situation y est très différente selon les endroits. Il est sûr qu’il y a des problèmes de sécurité, mais notre région est plus calme que d’autres. Il reste que certains groupes “rebelles” y effectuent parfois des actions. Ainsi la localité où se situe notre évêché a été bombardée. Les chrétiens se sentent néanmoins en danger et beaucoup ont déjà émigré.

Je voudrais préciser que j’appelle ces groupes “rebelles” parce que je ne trouve pas d’autre dénomination. Ce ne sont pour la plupart pas des Syriens. Alors je ne sais pas contre quoi ils viennent “se rebeller” dans notre pays.

Que faudrait-il faire, selon vous, pour mettre fin au conflit?
Moi, je suis né à Alep, et je connais des gens sur place. Je voudrais d’abord dire que les informations sur la responsabilité des bombardements qui sont diffusées en Occident sont très souvent exagérées, parfois fausses. Les Occidentaux suivent un agenda précis, celui de faire tomber Bachar el Assad, qui ne va pas forcément dans le sens de la paix en Syrie. Ce qu’il faudrait en premier lieu c’est que les grandes puissances arrêtent de se mêler de cette guerre, sur le terrain. Il est contreproductif de soutenir les groupes dits “modérés”. Il n’y a pas de groupes modérés. La paix reviendra seulement si on coupe les munitions et les ressources à ces groupes. Plutôt que de bombarder, les grandes puissances devraient faire pression sur les pays qui financent et arment les “rebelles”.

Les actions de soutien, comme celles de la paroisse de Villars-sur-Glâne sont importantes pour vous?
Absolument. Tout signe de solidarité entre chrétiens est essentiel. D’abord par la prière, car nous croyons à la force de la prière, c’est un soutien très fort pour nous. Avec les gens d’ici, qui prient pour la paix, nous pouvons créer des chaînes de parenté spirituelle. (cath.ch-apic/rz)


Une église en Syrie, telle que celles incendiées par l'EI le 24 février 2015 (Photo:Hovic/Flickr/BY-NC-SA 2.0)

Pour le président el-Assad, les chrétiens ne sont pas des étrangers en Syrie

Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient | www.oeuvre-orient.fr

Les sanctions de l'UE contre de la Syrie sont "inacceptables", estime Mgr Gollnisch

Actualités ›