Mgr Joseph Roduit s'est éteint le 17 décembre 2015. (Photo: Pierre Pistoletti)
Suisse
Mgr Joseph Roduit s'est éteint le 17 décembre 2015. (Photo: Pierre Pistoletti)

Mgr Roduit: "Je suis soulagé"

18.03.2015 par Pierre Pistoletti

Saint-Maurice, 18 mars 2015 (Apic) Le 17 décembre dernier, Mgr Joseph Roduit transmettait au pape François sa démission pour la charge d’abbé de Saint-Maurice. Trois mois plus tard, le 18 mars 2015, Rome accepte cette demande, ouvrant ainsi la voie vers l’élection de son successeur. Dans une interview accordée à cath.ch, Mgr Roduit se dit soulagé et espère que le nom du nouvel abbé sera connu durant l’été.

Mgr Roduit, pourquoi avoir présenté votre démission au pape François le 17 décembre dernier?

Tout simplement parce que je fêtais mes 75 ans. C’est une bonne limite à observer pour donner sa démission. Selon moi, il faut l’observer.

Le pape a accepté aujourd’hui votre démission, trois mois après votre demande. C’est un délai relativement court…

Pour moi c’est suffisant en tout cas.

Que ressentez-vous aujourd’hui?

Je suis soulagé et je soulage également la communauté. Il ne faut pas se faire d’illusions: le pouvoir use et on use les autres aussi [rires]. A un moment donné, il faut du renouvellement.

N’aurait-il pas été préférable d’attendre la fin de l’année jubilaire pour entreprendre ces démarches?

C’est une question que beaucoup se posent. Je crois au contraire que c’est une bonne chose que mon successeur puisse commencer son ministère dans le cadre du jubilé: tout sera préparé pour lui. Ce sont là de bonnes conditions.

Quelles qualités devra posséder votre successeur pour poursuivre votre mission?

Ce n’est pas à moi de le dire, c’est la communauté qui décidera. Chacun a des critères différents. Nous essaierons d’éviter les cassures, bien qu’il sera certainement différent de moi. J’ai demandé une seule chose à mes confrères lorsque j’ai été élu abbé. Je leur ai dit: “Vous pouvez tout me demander, mais pas d’être un nouveau Salina” [son prédécesseur, ndlr].

Vous souhaitez donc à votre successeur qu’il ne soit pas un “nouveau Roduit”?

Mais oui, il doit être lui-même!

Comment va se passer concrètement cette succession?

Il y aura un chapitre qui nommera un nouvel abbé. Cette nomination sera tenue secrète jusqu’à ce que Rome la ratifie. Je ne sais pas combien de temps ces démarches vont prendre. Je pense qu’il n’y aura pas de nouvelles avant l’été.

Qu’allez-vous faire désormais?

Je continue d’administrer le territoire abbatial jusqu’à ce que mon successeur en prenne possession. En termes juridiques, je suis administrateur apostolique. Je dois continuer de conduire la communauté sans prendre de décision importante qui engagerait trop son avenir.

A titre personnel, avez-vous des projets?

Oui, mais je ne veux pas trop en parler parce que je ne sais pas s’ils peuvent se réaliser. Je dépendrai du nouvel abbé et je me mettrai sous son obéissance. Je verrai donc avec lui ce qu’il me permettra de faire. Toutes les nominations sont faites sous forme de discussion à l’abbaye.

Comment envisagez-vous l’avenir de la communauté?

Vous savez, nous avons tenu le coup durant quinze siècles. Je ne sais pas quel sera son avenir, mais je sais qu’il est dans les mains de Dieu. C’est l’Eglise qui a les promesses d’éternité, pas l’abbaye de Saint-Maurice. Mais je souhaite tout de même qu’elle dure encore un peu. (apic/pp)


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