Des décisions cruciales le 7 décembre prochain
Neuchâtel: Synode de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN)
Neuchâtel, 13 novembre 2005 (Apic) L’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) prendra des décisions cruciales lors de la 149e session de son Synode qui se tiendra le 7 décembre prochain au Collège des Forges à La Chaux-de-Fonds. La difficile situation financière de l’EREN impose en effet des choix et des réflexions de taille, et les députés au Synode définiront le futur de l’Eglise protestante dans ce canton romand.
L’EREN a de fait décidé de ne pas se contenter d’étudier les possibles mesures d’économie. Elle a voulu profiter de cette urgence pour prendre le pouls de la société dans laquelle elle évolue et redéfinir ses priorités et son travail. «Dès lors, renoncer à certains engagements pour se centrer sur d’autres répond aussi à des nouveaux besoins, des nouvelles formes de vivre la spiritualité et d’écouter la parole», note l’EREN. Aujourd’hui, rappelle l’EREN, les réformés sont devenus minoritaires dans la population neuchâteloise et les rapports entre la société et les Eglises ne relèvent plus de la même évidence qu’autrefois.
Une réorientation des priorités nécessitée par les difficultés financières
Le Synode devra examiner divers rapports – sur les convictions de l’EREN, l’enseignement religieux, la stratégie financière, le financement du journal «La Vie Protestante» – qui ont l’ambition de proposer des solutions aux difficultés économiques actuelles. Il s’agit aussi de ralentir, voire d’inverser la tendance de la contribution ecclésiastique à s’éroder d’année en année. Seul un tiers des contribuables protestants participe au financement de l’EREN. L’Eglise estime qu’il faut informer des difficultés financières de l’EREN les personnes qui demandent un service et les sensibiliser au payement de la contribution ecclésiastique.
Le Conseil synodal se demande si, dans les circonstances actuelles, un service pour toute la population, comme stipulé dans la Constitution de l’EREN, est encore à maintenir. Les députés devront se prononcer sur diverses propositions faites par leur Conseil. Facturer les services de l’Eglise – service funèbre ou mariage par ex. – à ceux qui ne contribuent pas financièrement a été refusé, il y a quelques années, par le Synode. De plus une telle proposition n’est pas très cohérente: comment peut-on annoncer la gratuité de la grâce de Dieu et faire payer les services qui annonceront cette grâce ?
Le Conseil synodal propose donc d’examiner une autre piste: l’EREN offrirait la possibilité de devenir «donateur» de l’Eglise. Avec, par exemple, un montant annuel de 150 francs par personne ou de 250 francs par famille, une personne ou une famille deviendrait ainsi «donatrice». Ces contributeurs volontaires bénéficieraient gratuitement de tous les services de l’EREN, à l’image d’un donateur de la REGA qui pourrait être rapatrié en cas d’accident ou de maladie grave. Cette proposition a l’avantage de tenir compte des manières actuelles de gérer l’argent par une partie de la population protestante, estime le Conseil.
Si l’EREN décide d’introduire cette cotisation volontaire, la population neuchâteloise aurait donc trois possibilités: payer la contribution ecclésiastique; devenir donateur; payer les services de l’EREN. Le Conseil synodal envisage d’entreprendre cette réflexion et de revenir avec des propositions concrètes si le Synode donne son accord de principe.
Dans le cadre de la présentation des comptes 2004 lors du Synode de juin 2005, le Conseil synodal avait déjà relevé la situation préoccupante des finances de l’EREN et souligné la nécessité de prendre des mesures visant à adapter les dépenses en fonction des recettes réelles de l’Eglise. Plusieurs points de l’ordre du jour du Synode du 7 décembre 2005 auront des répercussions non négligeables sur les finances de l’Eglise. De ce fait, le Conseil synodal a décidé de reporter la présentation du budget 2006 au Synode extraordinaire du 22 février 2006.
L’EREN n’est pas la seule à affronter de graves difficultés
La nécessité d’une réflexion sur les priorités de l’Eglise découle de la situation financière difficile que traverse l’EREN. Le Conseil synodal interprète cette situation comme un symptôme de difficultés plus profondes que rencontrent non seulement l’EREN, mais aussi les Eglises protestantes et, plus généralement, les Eglises en Europe. Il considère que les activités de l’EREN sont nombreuses, «souvent foisonnantes et dispersées». Cette dispersion nuit à la lisibilité du sens que se doit de donner l’EREN à l’existence collective et individuelle des Neuchâtelois, estiment les responsables ecclésiastiques.
«S’occuper de tout, sans plus de coordination et de concertation, contribue à diluer le témoignage des protestants réformés. Ce risque est déjà présent aujourd’hui. L’on constate que certaines personnes sont en recherche de spiritualité et ne trouvent néanmoins pas leur place dans l’Eglise», constate le Conseil synodal. Qui propose des priorités qui permettent de faire des choix, donc de renoncer à certaines tâches.
«Au moment où les ressources financières se restreignent, le Conseil synodal estime qu’en Eglise, il n’y a pas à appliquer simplement les lois de l’économie, mais à discerner les chemins spirituels qu’ouvrent le manque, une certaine précarité et l’insécurité qui accompagnent ce type de situation».
Le Conseil synodal propose de recentrer les activités de l’EREN sur ce qu’il estime être l’essentiel: se centrer sur le coeur de la vie de l’Eglise. Ainsi, estime le Conseil, «l’Evangile de Jésus-Christ donne à la vie personnelle et à la société l’espérance d’un avenir; la notion du Royaume ou Règne de Dieu des Evangiles est le moteur d’une transformation intérieure qui a un impact sur les structures même de la société (justice sociale, échanges solidaires, prises de responsabilités, entraide, environnement.).
Diversifier les célébrations pour tenir compte des attentes du public
Dans une société qui exprime une attente de sens et de repères «célébrer», au sens de fêter la découverte de la présence du Dieu de Jésus Christ, est mis en valeur comme coeur de la vie de l’Eglise. Il s’agit là d’une priorité qui dépasse la simple célébration du culte. De plus, la participation au culte dominical reste insatisfaisante pour beaucoup de croyants non pratiquants, «car ils recherchent plus un vis-à-vis prêt à écouter leurs interrogations et leurs doutes face à la foi qu’un prédicateur les appelant à la foi. Ils recherchent un lieu où la parole puisse circuler autrement qu’à sens unique.»
Il s’agit donc de diversifier les célébrations, tant dans leur style que dans la manière dont elles font participer les personnes. Il s’agit aussi pour le Conseil synodal de diminuer le nombre global de cultes dans la paroisse et, en particulier, de proposer moins de cultes «traditionnels» au profit d’une diversification des styles, des rythmes, des publics et des horaires des célébrations.
Le Synode est appelé à voter une réduction du budget de l’EREN d’au moins 1’300’000 francs d’ici fin 2007, à obtenir par des réductions de postes, des départs naturels et des changements de postes, et en économisant au moins 300’000 francs sur d’autres frais. (apic/com/be)




