COE le 15 mai 2018. Père Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. | © Bernard Hallet
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COE le 15 mai 2018. Père Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. | © Bernard Hallet

Pape en Suisse: "un pèlerinage œcuménique avant tout", pour le Père Choromanski

12.06.2018 par I.Media

A quelques jours du voyage du pape François en Suisse, le 21 juin 2018, l’Eglise catholique et le Conseil œcuménique des Eglises (COE) n’ont pas forcément la “même vision théologique” de l’unité des chrétiens, mais leurs collaborations sont riches, a estimé le 12 juin, le Père Andrzej Choromanski, official du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Pour le Père Choromanski, spécialiste des relations avec le Conseil œcuménique des Eglises (COE), le voyage du pape François est officiellement un “pèlerinage œcuménique“, a-t-il déclaré à I.MEDIA, à l’issu d’une conférence de presse à Rome. Même si le pontife a tenu “dès le début” à rencontrer les catholiques, son déplacement vise avant tout à célébrer le 70e anniversaire du COE.

Cela constitue même la différence, a-t-il souligné, avec les précédentes visites, celles de Paul VI en 1969 et de Jean Paul II en 1984. Créé en 1948 à Amsterdam, le COE regroupe plus de 500 millions de chrétiens dans le monde, réunies au sein de 348 confessions membres. Elles seront 350 à partir du 21 juin, a précisé pour sa part Marianne Ejdersten, directrice de la communication du COE.

Statut d’observateur associé

Dans cet ensemble “il serait difficile pratiquement de donner une place à l’Eglise catholique et au pape, sans une complète révision des structures du COE”, a explique le prêtre. Car l’Eglise catholique, qui représente 1,2 milliard de fidèles, n’est pas membre du COE, mais a un statut d’observateur associé, à travers un certain nombre de collaborations.

Au plan théologique également, les “visions doctrinales sont différentes”, a ajouté le prêtre polonais. Lors du concile Vatican II, il a été considéré qu’il fallait distinguer entre l’Eglise au sens propre, fondée sur l’eucharistie “valide“ et le sacerdoce, et d’autre part les communautés ecclésiales. L’Eglise orthodoxe entre dans la première catégorie, les protestants dans la seconde.

Riches collaborations

Il existe cependant de “riches collaborations” entre l’Eglise catholique et le COE, a rappelé le Père Choromanski. Notamment depuis 1965, à travers un groupe mixte de travail. Celui-ci poursuit différents types de projets: construction de la paix dans les situations de conflits, grâce à l’aide des chrétiens, soutien aux migrants et aux réfugiés. Mais aussi discussions théologiques et morales, réflexions sur l’évangélisation, comme en Tanzanie il y a quelques années.

A titre d’exemple, un professeur catholique, nommé par le Conseil pontifical, enseigne à plein temps à l’Institut œcuménique de Bossey à Genève, où se rendra le pape. Il en est même devenu le doyen. L’Eglise catholique y finance également des bourses d’études, ainsi qu’une visite à Rome une fois l’an pour les étudiants.

“Nouvelle voies” œcuméniques

Dans le même esprit, a annoncé le Père Choromanski, une conférence commune aura lieu à Rome du 12 au 15 septembre prochain sur la xénophobie et le populisme.

Enfin, si le prêtre ne croit pas, à titre personnel, que le pape fera d’annonce particulière concernant l’actuelle collaboration entre COE et le Saint-Siège, il a rappelé que lors des 50 ans du groupe de travail commun, en 2015, le pontife avait envoyé un message pour affirmer que le mouvement œcuménique devait trouver “de nouvelles voies”. (cath.ch/imedia/ap/gr)


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