Evelyne Oberson modérait la discussion entre Mgr Charles Morerod, Pascal Desthieux et Arnaud Bédat (Photo:Raphaël Zbinden)
Suisse
Evelyne Oberson modérait la discussion entre Mgr Charles Morerod, Pascal Desthieux et Arnaud Bédat (Photo:Raphaël Zbinden)

Le pape François sous les projecteurs à Genève

17.03.2017 par Raphaël Zbinden

Le pape François a été le héros incontesté de la soirée cinéma du 16 mars 2017, à l’auditorium Arditi de Genève. Après la projection du film Le pape François de Beda Docampo Feijoo, Mgr Charles Morerod, l’abbé Pascal Desthieux et le journaliste Arnaud Bédat ont ouvert le débat sur la personnalité et les réalisations du pontife.

“Il aime vraiment sa ville (de Buenos Aires, ndlr.). Il lui a été difficile de partir. On voit ainsi qu’il se donne pour nous aussi”. Tel a été un aspect marquant du film évoqué par Mgr Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), à l’heure du débat. Suite à la séance, très applaudie par un auditorium quasi plein, Arnaud Bédat, qui connaît bien l’histoire du pontife argentin, a noté que le film était très fidèle à la réalité. L’œuvre de la réalisatrice espagnole Beda Docampo Feijoo, présente le parcours de vie de Jorge Mario Bergoglio, de la découverte de sa vocation à son élection au trône de Pierre, le 13 mars 2013.

Le pape qui a rencontré tous les problèmes du monde

Pascal Desthieux, vicaire épiscopal du canton de Genève, a assuré avoir été beaucoup touché par le film. “L’œuvre montre bien qu’il a su, après son élection, rester le même, maintenir sa simplicité”. Arnaud Bédat, qui a récemment publié le livre François seul contre tous, souligne que toutes les décisions actuelles du pape sont à considérer à l’aune de sa vie et de son ministère. “Premier pape venant d’une mégalopole, il y a rencontré tous les problèmes du monde”, relève le journaliste. Il pense pour sa part que Jorge Mario Bergoglio, en arrivant sur le trône de Pierre, a changé d’attitude. “Il est soudainement devenu plus souriant, moins austère. Il est le même, mais une grâce lui est tombée dessus”.

“Le narcissisme rend triste”

Organisée par l’Eglise catholique romaine dans le canton de Genève (ECR), cette soirée avait pour thème “Un homme peut-il bouleverser l’Eglise?”. Modératrice du débat, la journaliste de RTSreligion Evelyne Oberson a ainsi orienté la discussion sur les “chantiers” lancés depuis quatre ans par le pontife. “Quelle réalisation du pape François vous a le plus “impactés” dans votre ministère, a-t-elle  lancé aux invités. Pour Pascal Desthieux, c’est la proximité du pontife auprès des gens qui le marque particulièrement. “Il nous envoie”, a commenté le vicaire épiscopal. Pour Mgr Morerod, l’injonction du pape à aller vers l’autre, à “sortir de soi-même” est particulièrement importante. Car “le narcissisme rend triste”.

Un pape contre l’exclusion

Un des éléments les plus discutés a été la volonté du pape de faire évoluer la doctrine. Les participants ont été d’accord sur le fait que le pape veut surtout rendre sensible à regarder les personnes dans leur individualité. La question de l’accès à la communion pour les divorcés remariés est notamment un grand sujet de débat dans le monde catholique. A ce propos, Mgr Morerod a souligné que “les normes ne résolvent pas tout”. Il a relevé que Jésus aussi prenait en compte les besoins spirituels spécifiques des personnes qu’il rencontrait. Pascal Desthieux a mis en avant la volonté du pape de n’exclure personne.

Un Etat d’esprit “définitif”

La réforme de la curie a également été largement commentée par les trois invités. L’évêque de LGF a témoigné d’un “changement de culture” au Vatican, en relation avec la manière d’être du pontife argentin. Alors qu’avant on s’efforçait de ne pas aller à l’encontre du pape, François a “ouvert la parole” et les prélats sont plus enclins à dire ce qu’ils pensent vraiment. Pascal Desthieux a relevé qu’au-delà des optimisations institutionnelles, la réforme du pontife visait surtout à “changer les cœurs”.

Arnaud Bédat a, de son côté, mis l’accent sur les “ennemis” du pape François, notamment au sein de la curie. Il a assuré que depuis quelques mois, l’opposition au pontife se manifestait au grand jour et qu’une “guerre ouverte” avait éclaté. “Mais que reproche-t-on au pape? D’être bon, comme Jésus?”, a commenté le vicaire épiscopal. Mgr Morerod a en tout cas assuré qu’il avait personnellement rencontré beaucoup plus de sympathie que d’antipathie envers l’ancien archevêque de Buenos Aires. Il remarque que ce soutien provient aussi souvent de non catholiques et de non croyants.

En conclusion du débat, Evelyne Oberson a demandé aux invités ce qui allait perdurer, selon eux, de ce pontificat. L’évêque fribourgeois a ainsi insisté sur cet “Etat d’esprit” du pape François qui “traverse tout avec simplicité”. Il estime ainsi que cela est “définitif”. (cath.ch/rz)


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