Vatican

Le pape supporter de la «Vierge qui défait les nœuds»

Dans une interview à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, le 9 mars 2017, le pape François est revenu sur sa relation à la Vierge «qui défait les nœuds». Il l’a connue grâce à une religieuse allemande, qui lui a offert une reproduction de ce tableau d’une église d’Augsbourg (Bavière). Jorge Mario Bergoglio a popularisé la dévotion à cette Madone en Argentine, puis dans le monde entier.

Le tableau de style baroque représente Marie en robe pourpre, survolée par la colombe de l’Esprit saint. De ses mains, elle défait les nœuds d’un long ruban blanc présenté par des anges. Du côté droit, un ange lui tend le ruban chargé de nœuds et à gauche, le même ruban se déroule, lisse, sans accrocs. Cette peinture se trouve à Augsbourg en Bavière, dans le chœur de l’église Sankt-Peter-am-Perlach. Il s’agit de Maria Knotenlöserin, la «Vierge qui défait les nœuds».

«Cette image m’a intrigué»

Mais comment cette huile sur toile datée de 1700 et attribuée au peintre Jean Georges Schmidtner est-elle parvenue jusqu’au pape François ou plutôt au père Bergoglio, à Buenos Aires? Le pontife l’a raconté pour Die Zeit. Le journaliste venu l’interroger lui rappelle que sa prise de contact avec cette image de la Vierge datait de son séjour en Allemagne, dans les années 1980. Faux! «Je n’ai jamais été à Augsbourg», rétorque le pape François.

Et il explique: «L’histoire s’est passée comme ça: pour Noël, une religieuse que j’avais connue en Allemagne, m’a envoyé une carte de vœux avec cette illustration. Cette image m’a tout de suite intrigué.».

Sous forme de cartes postales

Et le pape d’expliquer que la peinture se réfère à saint Irénée, évêque de Lyon et Père de l’Eglise du 2e siècle. «Le mécène qui a fait exécuter cette œuvre avait des difficultés avec son épouse… Pourtant, il aimait sa femme et sa femme l’aimait, et il n’y avait pas de belle-mère qui s’immisçait dans leur vie, raconte-t-il en riant. Le mari a donc pris conseil auprès d’un père jésuite. Celui-ci a pris le long ruban blanc, qui leur avait été offert lors du mariage, et a prié la Vierge Marie. Il avait lu dans les textes d’Irénée que le nœud noué par le péché d’Eve avait été défait par l’obéissance de Marie. Il a demandé à la Vierge la grâce de défaire les nœuds». Et ça a marché…. A la demande des époux reconnaissants de la grâce reçue de la Vierge, Schmidtner exécuta donc le tableau.

Le pape poursuit: «L’image m’a tellement plu que j’ai commencé à l’envoyer sous forme de cartes postales». Le mouvement était lancé. La peinture qui symbolise les nœuds non défaits de l’existence trouve sa place en Argentine.

La dévotion à la «Vierge qui défait les nœuds» prend son élan. Lorsqu’il devient évêque auxiliaire de Buenos Aires, il envoie ses séminaristes dans les bidonvilles de la capitale argentine avec ces images de la Vierge. Et une copie de la peinture bavaroise est reproduite à l’archevêché.

A Sainte-Marthe

La dévotion à la Vierge d’origine allemande se popularise ainsi en Amérique latine. Et le mouvement a pris une ampleur supplémentaire avec l’accession du cardinal Bergoglio sur le trône de Pierre, en mars 2013. Une reproduction figure désormais à la Maison Ste-Marthe du Vatican, où réside le pape. Une neuvaine à la Vierge est née… Et un site Internet a vu le jour, popularisant l’image de la Knotenlöserin. www.mariequidefaitlesnoeuds.com/fr

Dernière manifestation pontificale en ce sens. En février 2017, avant la grande finale du Superbowl américain, le pape a envoyé un message vidéo aux footballeurs et aux spectateurs. Pour envoyer un message d’amitié et de paix. Une manière directe, aussi, de faire connaître la «Vierge qui défait les nœuds». Car le message a été enregistré, à la Maison Sainte-Marthe, devant le tableau de celle qui, de ses mains, rend lisse ce qui est emmêlé.

 

 

 

 

La Vierge qui défait les noeuds du pape François (photo capture d'écran)
16 mars 2017 | 11:47
par Bernard Litzler
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