Le trafic d'êtres humains touche surtout les femmes (Photo:Ira Gelb/Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-ND 2.0</a>)
Vatican
Le trafic d'êtres humains touche surtout les femmes (Photo:Ira Gelb/Flickr/CC BY-ND 2.0)

Les sociétés les plus prospères n'échappent pas au trafic des êtres humains, selon le pape

09.02.2018 par I.Media

Le pape François a reçu en audience le 9 février 2018, dans la salle Clémentine du Palais apostolique, les membres du Groupe Sainte-Marthe, en conclusion de leurs deux journées de réunion sur les moyens de lutter contre le trafic des êtres humains. Face à eux, le pape a dénoncé les formes modernes d’esclavage, “bien plus diffuses que nous ne pouvons l’imaginer”.

Le chef de l’Eglise catholique a notamment déploré les formes modernes d’esclavage “dans les sociétés les plus prospères”. “A notre honte et notre scandale”, a-t-il ajouté.  Pour l’évêque de Rome, il faut examiner sérieusement les “diverses formes de complicité” par lesquelles la société tolère et encourage même ces esclavages. Par exemple, par le marché du sexe ou l’exploitation des personnes vulnérables.

Le “fouet moderne” de l’esclavage

Pour le successeur de Pierre, le “fouet moderne” de l’esclavage continue ainsi à causer des “souffrances humaines indicibles”. Il faut donc affronter les causes et les effets de cet esclavage. En particulier favoriser la réintégration dans la société des victimes de ces crimes. Le pape François a aussi indiqué que les initiatives pour combattre le trafic des êtres humains devaient être élargies à l’utilisation responsable des technologies et des moyens de communication.

La “face sombre” de la mondialisation

Le Groupe Sainte-Marthe, sous la présidence du cardinal Vincent Nichols, a été lancé en 2014 à l’initiative du Souverain pontife. Selon le cardinal Nichols, archevêque de Westminster, le fléau de l’esclavage moderne représente la “face sombre” de la mondialisation. Ces deux jours de réflexion, les 8 et 9 février, ont abouti à la nécessité de développer les coopérations internationales. Ainsi, aucun pays n’échappe à la responsabilité de lutter contre cette traite.

La cinquième conférence du Groupe Sainte-Marthe a rassemblé des personnalités de trente pays, religieux, magistrats, responsables des forces de sécurité. Ce réseau international interdisciplinaire a ciblé deux objectifs, a déclaré le cardinal Vincent Nichols: enrayer le phénomène d’esclavage moderne et soutenir les 42 millions de victimes, dont 70 % de fe mmes et d’enfants.

Dans son homélie à la basilique Saint-Pierre le 8 février 2018, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, a considéré que ce commerce cruel et brutal qui réduit des millions de personnes en état d’esclavage sont l’un des “nombreux démons” qui affligent la société. Le ‘numéro 2’ du Vatican a encouragé les participants de la conférence à réfléchir sur “les terribles heures d’exploitation, de honte, de souffrance physique et morale” que subissent les victimes.

Sainte Josiphine Bakhita, figure de la lutte contre l’esclavage

Depuis quatre ans, le pape François a institué une Journée mondiale de prière et de réflexion sur la traite des êtres humains le 8 février en la solennité de sainte Joséphine Bakhita (1869-1947). Née au Soudan, cette ancienne esclave est devenue religieuse en Italie. Le pape Jean-Paul II l’a canonisée en l’an 2000.

En tant que survivante du trafic d’êtres humains, sainte Bakhita peut “intercéder pour nous aider dans la lutte” contre ce fléau, a estimé quant à lui le cardinal John Olorunfemi Onaiyekan, archevêque de Abuja, au Nigeria. Il faut selon lui également la prier pour aider les anciennes victimes, afin qu’elles suivent son exemple de réintégration. “Une chose est d’être libérée, a-t-il expliqué, une autre est de retrouver sa place pour se rendre utile à la société”. (cath.ch/imedia/pad/ah/gr)


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