Les Eglises nationales de Suisses s'interrogent sur l'aspect arbitraire des frontières (Photo:CICR/Flickr/<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/legalcode" target="_blank">CC BY-NC-ND 2.0</a>)
Suisse
Les Eglises nationales de Suisses s'interrogent sur l'aspect arbitraire des frontières (Photo:CICR/Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

Suisse: les Eglises nationales soulèvent le problème des frontières

30.11.2017 par Raphaël Zbinden

Les Eglises catholique romaine, protestantes et catholique chrétienne de Suisse mettent en garde, dans un message commun en vue de la Journée internationale des droits de l’homme du 10 décembre, contre les aspects arbitraires et inhumains liés aux frontières territoriales.

“Le droit international et les droits de lʼhomme empêchent les Etats de droit dʼisoler à leur gré les frontières”, rappellent Mgr Charles Morerod, président de la Conférence des évêques suisses, le pasteur Gottfried Locher, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse et lʼévêque Harald Rein de lʼEglise catholique chrétienne de Suisse. “Toutefois, le droit international et les droits de lʼhomme ne garantissent pas à eux seuls une attitude véritablement humaine et la solidarité fraternelle”, affirment les représentants des trois Eglises officiellement reconnues par l’Etat.

Protéger les réfugiés contre le refoulement

Leur message commun, diffusé le 30 novembre 2017, a été rédigé en vue de la Journée internationale des droits de l’homme, qui a lieu le 10 décembre. Le texte se réfère notamment à un dossier préparé dans le cadre de la démarche œcuménique par l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture et de la peine de mort (ACAT-Suisse). Il demande à la Confédération d’appliquer le protocole d’Istanbul, afin de protéger les réfugiés contre le refoulement. L’ACAT Suisse a de plus lancé une pétition en vue d’une meilleure protection des victimes de tortures et d’autres maltraitances.

Des frontières à perméabilité variable

Les responsables d’Eglises relèvent ainsi que “le naturel de toute frontière dissimule sa genèse souvent arbitraire et le caractère inhumain des sillons quʼelle creuse parmi nous. En effet, les frontières qui se dessinent dans notre monde soi-disant globalisé sont plus perméables pour les uns que pour les autres…”

Et les trois Eglises nationales de se demander s’il suffit à l’humanité de se confier uniquement au droit des peuples et aux droits humains. “Ces instituts de droit ne devraient-ils pas disposer dʼouvertures que le droit à lui seul ne peut pas offrir?” Ainsi, pour Mgr Morerod, Gottfried Locher et Harald Rein, “face à la discrimination ethnique, la persécution religieuse, la violence arbitraire, lʼoppression politique, lʼabsence de débouchés économiques et les réfugiés climatiques – autant de réalités redoutables –, lʼidée de fraternité et dʼune seule famille humaine ne doit pas sʼéteindre là où le droit arrive à ses limites”. (cath.ch/com/rz)


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