Caroline Pauwels, rectrice de l'Université libre néerlandophone VUB à Bruxelles (Photo: youtube)
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Caroline Pauwels, rectrice de l'Université libre néerlandophone VUB à Bruxelles (Photo: youtube)

Une chaire de religion musulmane à l'Université libre néerlandophone de Bruxelles

14.02.2017 par Jacques Berset

Bastion de la “libre pensée” et de l’anticléricalisme à la belge, l’Université libre néerlandophone de Bruxelles, la Vrije Universiteit Brussel (VUB), met sur pied une chaire professorale traitant de la religion musulmane. La VUB n’attend pas l’aval du gouvernement flamand avant de lancer son initiative, mais puise dans ses propres deniers pour la financer.

“Ce qui en étonnera sans doute plus d’un: cette institution qui a toujours combattu tout ce qui touchait à la religion chrétienne, ouvre aujourd’hui ses portes à… la religion musulmane”, écrit le 13 février 2017 CathoBel, le site officiel de l’Eglise catholique en Belgique francophone.

“Coupons court l’idée que la laïcité doit s’opposer d’office à la religion… entendre ces propos émaner du rectorat de la VUB a de quoi surprendre”, écrit le journaliste Manu Van Lier.

Bastion de la “libre-pensée”

La VUB, qui a toujours été un bastion de la “libre pensée”, tout comme l’Université Libre de Bruxelles (ULB) dont elle s’est détachée en 1970, n’a jamais ménagé une place à part entière à la religion. “Sauf peut-être au sein du département philosophie et lettres et très explicitement dans les travaux du philosophe Hubert Dethier”, professeur aujourd’hui émérite. Ce dernier a travaillé sur les hérétiques et les mécréants au Moyen-Age, et a publié une histoire de l’athéisme.

“Surprise donc, au lancement d’une chaire professorale portant sur la religion musulmane d’une part et le pouvoir et le genre d’autre part, quand la rectrice de la VUB, Caroline Pauwels, annonce d’autres initiatives parallèles”.

La rectrice estime en effet qu’une chaire universitaire portant sur la religion et les convictions philosophiques peut également trouver sa place dans son institution laïque, “car parmi les libres penseurs, il y a aussi des chercheurs religieux ou intéressés par le fait religieux”. “Nous comptons mieux regrouper les efforts de ceux parmi nous qui se préoccupent de la religion. Il est important, bien évidemment, qu’ils considèrent la religion comme objet d’étude et qu’ils ne l’abordent pas en partant du dogme”, précise Caroline Pauwels.

Forte présence musulmane à Bruxelles

La VUB veut aussi lancer le master “Middle East and North Africa Studies” en anglais. Il profitera d’une synergie avec cette future chaire universitaire sur la religion et également avec la chaire professorale sur l’islam, le pouvoir et le genre.  Cette dernière vient d’être lancée sous le nom de la féministe marocaine Fatima Mernissi, décédée fin 2015. “Il y a tant de musulmans à Bruxelles que nous ne pouvons pas tarder avec ce genre d’initiatives”, assure la rectrice de la VUB.

Au contraire du master en Arabistique et Islamologie qui existe déjà à Leuven, le master bruxellois “ne partira pas de la langue, mais d’un mix d’histoire, de politique, de droit, de littérature… et de religion”. (cath.ch/cathobe/be)


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