L'imam Mouwafac ar-Rifaiyy dans le  centre islamique de Lausanne. (KEYSTONE/Dominic Favre)
Suisse
L'imam Mouwafac ar-Rifaiyy dans le centre islamique de Lausanne. (KEYSTONE/Dominic Favre)

Vaud: enquête sur les mosquées et leurs imams

10.10.2016 par Bernard Litzler

Les 20 mosquées du canton de Vaud connaissent des situations diverses, aussi bien dans leurs orientations que dans les prédicateurs qui les encadrent. Photographie révélée par le quotidien 24 Heures, les 8-9 octobre 2016.

 Le quotidien vaudois 24 Heures a mené l’enquête sur les musulmans du canton. Au cœur de l’article publié les 8-9 octobre, la situation des mosquées vaudoises et de leurs imams.

En préalable, le journal relève que les musulmans du canton de Vaud sont bien organisés, l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM) jouant le rôle d’une structure faîtière. Sur les 20 mosquées recensées sur le territoire cantonal, 17 sont gérées par des associations membres de l’UVAM.

Moitié d’imams professionnels

En faisant le tour des imams vaudois, 24 Heures a compté une moitié d’imams professionnels dans les 20 mosquées, les autres étant desservies par des bénévoles. Les portraits d’imams montrent la variété des parcours humains et professionnels des prédicateurs de ces lieux de culte. Ainsi à Chavannes-près-Renens, le Centre d’intégration culturel et religieux albanais a recruté un imam formé à la prestigieuse université al-Azhar au Caire. Un problème, toutefois, pour l’imam Fetim Abazi: il ne parlait pas français à son arrivée… Mais il s’y attelle très intensivement.

La plus grande mosquée vaudoise, celle de Lausanne, est animée par l’imam Mouwaffaq ar-Rifaiyy, formé à l’université de Beyrouth. A ses côtés, un Suisse, menuisier et père de famille, qui intervient bénévolement. A Prilly, le Complexe culturel musulman de Lausanne (CCML) a, lui, choisi un imam arrivé en Suisse en 1998 et qui s’est formé en autodidacte à la théologie du Prophète.

Racines locales

La tendance actuelle est de faire de plus en plus appel à des imams qui ont des racines et des attaches locales, plutôt que de faire appel à des personnes provenant de l’étranger. Cependant, relève Pascal Gemperli, le président de l’UVAM, «il n’y a pas de cursus pour les imams. L’UVAM n’a donc pas d’exigences» à leur égard. Les risques de dérapages sont prévenus par l’existence d’une charte qui mentionne entre autres l’égalité entre hommes et femmes.

Non-membre de l’UVAM, la mosquée de Lausanne, la plus importante du canton, récuse le reproche de rigoriste qu’on lui attribue. L’imam al-Rifaiyy, tout en ayant un discours conservateur, s’oppose clairement à l’extrémisme wahhabite, qu’il assimile à celui de l’Etat islamique.

Sources financières locales et extérieures

Côté finances, les fidèles contribuent à la rémunération de leur imam. Mais d’autres sources interviennent également. L’Etat turc paie en partie les salaires des imams des mosquées de Renens, Ecublens et Moudon. A Chavannes-près-Renens, Fetim Abazi, l’imam formé au Caire, est directement payé par les fidèles originaires du Kosovo.

Les musulmans vaudois représentent près de 5% de la population du canton, soit 30’458 personnes. Ce pourcentage correspond à la part des musulmans dans la population suisse. Une petite partie seulement des croyants du canton de Vaud est pratiquante. (cath.ch/bl)


Pour Shafique Keshavjee. l'islam n'est pas monolithique | © Jacques Berset

Shafique Keshavjee en appelle à la résistance face à un islam conquérant

La coupole doit être installée sur le toit de la Maison des religions, à Berne | © Stefan Maurer / maust.ch/Flickr/ CC BY 2.0

L'UDC s'oppose à une coupole islamique sur la Maison des religions

Actualités ›